Le ministre du Budget, Facinet Sylla, a présenté ce week-end devant les conseillers nationaux le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2025, marquée par une provision additionnelle de 700 milliards de francs guinéens destinée au financement des activités du chronogramme de la transition. L’examen du texte s’étalera sur deux semaines, au sein des commissions permanentes et inter-commissions du Conseil national de la transition (CNT).
Lors de sa présentation à l’hémicycle, le ministre du budget a justifié cette révision budgétaire par plusieurs dépenses sociales non prévues et des ajustements liés à la restructuration gouvernementale.
Sous l’impulsion du président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, le gouvernement a engagé des dépenses dans divers domaines sociaux et infrastructurels, notamment celles relatives au projet minier de Simandou, qualifié de « catalyseur du programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2040 ».
Selon le ministre, l’exécution du budget 2025 a été impactée par une hausse significative des recettes, estimée à 7 887 milliards GNF, soit une croissance de 22,4 % par rapport à la loi de finances initiale. Cette progression est portée par :
une augmentation de plus de 46 % des recettes douanières ;
une hausse de 11,5 % des recettes fiscales mobilisées par la Direction générale des impôts.
Ainsi, la pression fiscale s’élève désormais à 15,6 % du PIB, contre 12 % initialement prévus.
Les principaux ajustements portent également sur :
le financement de projets d’investissement via des émissions de titres d’État pour 5 679 milliards GNF ;
le dépassement du paiement des arriérés antérieurs, atteignant 2 439 milliards GNF à fin juillet 2025 ;
une provision de 400 milliards GNF pour la gratuité de la carte d’identité nationale et de l’extrait de naissance biométrique ;
une enveloppe de 109 milliards GNF destinée à l’indemnisation des victimes du 28 septembre 2009 ;
et le report de 1 638 milliards GNF d’appui budgétaire en provenance des institutions de Bretton Woods, en attente de la conclusion d’un programme économique avec le FMI.
Les agrégats macroéconomiques ayant servi à l’élaboration de la loi initiale ont été actualisés.
Le taux de croissance du PIB est révisé à la hausse, passant de 7,0 % à 7,2 %, tandis que l’inflation recule d’un point, passant de 6 % à 5 %.
Le taux de change du franc guinéen reste stable à 8 500 GNF pour 1 dollar américain.
Le ministre Facinet Sylla a assuré que ces ajustements budgétaires visent à maintenir la cohérence entre les ambitions de développement du gouvernement et les réalités économiques du moment, tout en garantissant la poursuite des grands projets structurants de la Transition.
Amadou Diallo














