Jusque-là président du tribunal de première instance de Dixinn, Ibrahima Sory 2 Tounkara a été installé ce vendredi dans ses nouvelles fonctions de Premier président de la Cour d’Appel de Conakry.
Lors de la cérémonie, il a prononcé un discours de reconnaissance, de rigueur et d’engagement envers l’institution judiciaire. « Monsieur le premier président sortant, vous laissez derrière vous une institution structurée et respectée, un héritage que je m’engage à préserver et à renforcer. Recevez ici, à mon nom personnel et au nom de l’ensemble du personnel judiciaire du ressort de la Cour d’appel de Conakry, l’expression de notre reconnaissance. J’espère pouvoir bénéficier constamment de votre riche expérience et de vos conseils chaque fois que besoin se fera sentir. Je n’oublie pas mes collègues magistrats, greffiers, avocats, personnels administratifs et techniques qui font vivre chaque jour cette grande maison de justice. Votre dévouement est la clé de notre mission commune. Assumer la charge de premier président d’une cour d’appel, c’est avant tout porter une lourde responsabilité morale et institutionnelle. C’est être garant du bon fonctionnement de la justice, du respect des règles et des procédures, mais surtout du respect du droit et de la dignité humaine. »
Définissant ensuite la mission fondamentale de la justice, il a rappelé : « Chers collègues, la justice n’est pas seulement qu’une institution, elle est le dernier refuge du citoyen. Lorsqu’un justiciable franchit les portes d’un tribunal, c’est vers nous qu’il se tourne pour trouver l’équité, la vérité et la réparation. Nous avons donc l’obligation de lui offrir une justice qui soit à la fois rapide, impartiale et humaine. »
Le nouveau Premier président a également souligné le rôle stratégique de la Cour d’appel de Conakry : « La Cour d’appel de Conakry, par sa position géographique, constitue un maillon essentiel dans l’architecture judiciaire de notre pays. C’est en cela qu’elle doit incarner la rigueur, la compétence et l’autorité de la réussite. Nous devons être à la hauteur de cette mission en appliquant la loi. Mesdames et messieurs, les défis qui nous attendent sont nombreux, mais ils ne sont pas insurmontables. Nous avons entre autres la célérité, la transparence, la probité et la cohésion interne. »
Il a ensuite abordé les principaux défis auxquels il compte s’attaquer : « Le défi de la célérité judiciaire. Trop souvent, le citoyen se plaint de lenteur dans le traitement des dossiers. Nous devons renforcer la discipline procédurale, rationaliser la gestion des audiences et encourager le respect strict des délais légaux, car une justice lente est une justice refusée. Le défi de la transparence et de la probité. L’intégrité du magistrat est la première condition de la crédibilité de la justice. Nous devons bannir toute forme de compromission, de favoritisme et de corruption. Le magistrat doit rester au-dessus de la mêlée, fidèle à son serment et à sa conscience.
Le défi de la cohésion interne. Une cour forte repose sur la solidarité et le respect mutuel entre ses membres. J’appelle à une collaboration franche et loyale entre magistrats, greffiers, avocats et tous les auxiliaires de justice. C’est ensemble que nous construirons une justice forte et respectée. »
Poursuivant son engagement, Ibrahima Sory 2 Tounkara a affirmé : « Chers tous, en prenant aujourd’hui fonction, je m’engage à exercer ma mission dans le strict respect des lois de la République et des principes d’indépendance du pouvoir judiciaire. Je serai un premier président à l’écoute, disponible pour mes collègues, attentif aux préoccupations du personnel, mais aussi ferme quant à l’application de la règle et de la déontologie. Je m’attacherai à favoriser le dialogue institutionnel avec les autres juridictions, avec le ministère de la Justice et avec les organisations professionnelles du monde judiciaire, car une justice isolée s’affaiblit, tandis qu’une justice concertée se renforce. Je crois profondément que la justice est la colonne vertébrale de la nation. Là où elle chancelle, c’est tout l’édifice social qui s’écroule. Nous devons donc faire de la Cour d’appel de Conakry un modèle de rigueur, d’impartialité et d’efficacité pour que le citoyen retrouve confiance dans sa justice. Mesdames et messieurs, le service de la justice n’est pas une simple fonction, c’est un sacerdoce. Nous ne l’exerçons pas pour nous-mêmes, mais pour la société et pour la paix. Puissions-nous ensemble honorer cette noble mission avec dignité et abnégation. »
Enfin, il a reconnu l’ampleur du travail à accomplir tout en saluant la force collective de son équipe. « Je sais que la tâche est immense, avec seulement 25 magistrats du siège et 5 du parquet, mais je crois en la force collective de notre institution. Ensemble, dans le respect de la loi et des valeurs de la République, nous parviendrons à faire de la Cour d’appel de Conakry un exemple de compétence, d’intégrité et de justice. »
Décryptage: Amadou Diallo














