Alors que le fossé se creuse entre les travailleurs de la SEG et leur direction générale, AllureInfo.net a pu joindre le Directeur Général de la SEG, Thierno Mamadou Nassirou Diallo, pour recueillir sa réaction face aux revendications des employés, notamment concernant le renouvellement du bureau syndical et l’augmentation des salaires.
Sur la question du renouvellement du bureau syndical, le Directeur Général apporte des précisions : « En réalité, je vais vous dire, moi, personnellement, j’ai reçu un courrier d’une fêtière de la centrale syndicale. Quand un directeur général reçoit un courrier, il regarde le contenu et en fonction du contenu et de la réponse qu’il faut apporter, il l’oriente vers la personne désignée. Donc, la DRH, effectivement, moi, personnellement, j’ai reçu un courrier dans ces 2-3 jours pour renouveler le syndicat. Ce qui est tout à fait normal. Mais ce que peut-être ces agents ou ces collaborateurs ont oublié, l’administration obéit à un schéma. Il y a un temps pour la gestion de tout. Ce n’est pas du clic au tac. »
Il poursuit en ajoutant que « ce qui est très étonnant, moi, aucun travailleur de la SEG, seul travailleur ou responsable fut-il, n’a pris le soin une seule fois d’attirer mon attention pour dire que le mandat du syndicat est expiré. Vous comprendrez que moi-même, je suis syndiqué parce que je suis un travailleur de la SEG. C’est vrai. Donc, je suis à mon 12e mois à la tête de la société. Mais je suis à la SEG depuis plus de 14 ans. Je ne suis pas un jeune, je ne suis pas un nouveau, je ne suis pas venu d’ailleurs. La société, j’ai vécu, c’est ici que j’ai grandi. Donc, c’est très étonnant lorsque des agents s’affirment, viennent voir les médias, parce qu’aujourd’hui, moi qui vous parle, je ne peux pas vous dire que je connais la tête ou le visage d’un seul parmi ceux qui ont écrit ce mémo qui vous l’ont envoyé. »
Concernant la communication avec la direction, il explique : « Le mémo, d’abord, il faut y revenir. Je ne vous apprends pas comment vous travaillez. Dans des conditions comme ça, moi, en n’ayant pas de qualification sur les médias ou en n’étant pas journaliste, je vais faire premièrement ce que vous avez fait : c’est partager l’information pour recouper les versions. Ensuite, deuxièmement, c’est pour approfondir les interrogations auprès de ceux qui ont déposé le mémo pour dire, mais dans tout ça, est-ce que vous avez pris le soin de rencontrer directement le Directeur Général ? Parce que la porte du DG n’est pas fermée. Constamment, constamment, constamment, constamment, la porte est frappée. DG, je n’ai pas de transport pour entrer. DG, j’ai un malade. DG, j’ai ci, j’ai ça. À partir du moment où ils ont la chance d’avoir un Directeur Général qui est un des leur, qui a la porte ouverte. Moi, je décroche le téléphone même à deux heures du matin. Comment est-ce que, pour leur service personnel, ils ont toujours eu le soin de venir individuellement me poser, comment est-ce qu’un groupe peut se réunir, aller vers la presse et informer le Directeur Général ? Je tombe de nu, parce que ça m’étonne, pas une seule fois, un d’entre eux n’a pris le soin de venir vers moi pour demander. »
Sur la question de l’augmentation des salaires, il indique :
« L’augmentation du salaire est un engagement qui avait été pris par notre ancienne direction générale. Mais cette augmentation était adossée à trois conditions qu’il fallait remplir. On est dans un processus de remplir ces conditions-là, parmi lesquelles il y avait un réajustement tarifaire qu’il fallait opérer. Parmi lesquels, il y a la signature du contrat d’objectif, c’est-à-dire le contrat plan qui lie l’État guinéen à la SEG. Dans ce contrat, il est clairement stipulé qu’à l’image de EDG, l’État accorde une subvention d’exploitation à la SEG parce que le tarif ne parvient pas à couvrir toutes les charges. Donc, la marge financière que la subvention allait prendre pouvait être prise pour décider de procéder à une augmentation. Le réajustement a été effectif depuis le 1er août. Il y a eu un léger réajustement. Mais du côté de la SEG, comme vous le savez, la SEG a deux catégories de clients : il y a les clients privés et les clients de l’administration. Du côté privé, il n’y a pas de problème. Du côté de l’administration, vous êtes convaincu, vous êtes d’accord avec moi, lorsque vous élaborez un budget en début d’année, avant la fin de l’année, vous ne pouvez pas changer ce budget. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on ne peut pas exiger le paiement de l’État de la part réajustée. Donc, il faut nécessairement que l’année finisse dans la programmation budgétaire de 2026 pour que l’État soit pris en compte dans le réajustement. En ce moment, on aura réussi à réunir deux conditions sur trois qui avaient été prises comme conditions pour augmenter le salaire. »
Enfin, sur la troisième condition, il précise :
« La 3e condition, c’est que chaque travailleur classique rehausse son niveau de performance pour appliquer les réformes qui sont douloureuses, lutter contre les fraudes, les fausses déclarations sur le terrain et procéder par le rapprochement des objectifs d’encaissement. Donc, le but avait été très clair. Lorsque toutes ces trois conditions vont être réunies, il va de soi que personne ne peut s’opposer à l’augmentation du salaire. »
Il invite les travailleurs à un dialogue direct :
« Donc, ce langage-là, je souhaiterais le réaffirmer devant tout le collège qui est venu déposer le mémoire. »
Amadou Diallo














