Après celle de Koloma, observée le 2 septembre dernier, la passerelle de Petit Symbaya confirme un constat préoccupant. Ce qui devait être un passage sécurisé pour les piétons s’est transformé en marché à ciel ouvert, au cœur de Conakry.
Vendredi 14 novembre 2025, vers 18 heures, notre équipe s’est rendue sur place. Sur la passerelle, femmes et hommes ont installé étals et paniers débordant de balais, condiments, herbes médicinales et médicaments. Chaque marche devient un obstacle, tandis que les vendeuses écoulent leurs produits au milieu des flux de piétons.

Interrogées, certaines répondent sèchement : « Ça te regarde ? Si tu es journaliste, je ne réponds pas » ou « Qui es-tu ? Inspecteur ou propriétaire des lieux ? ». Une autre, inquiète pour ses produits pharmaceutiques, lance avec colère : « Laissez-nous ici, on nous embrouille pour nous voler. Moi, je n’ai rien à dire, seulement ne me filme pas. »
De gauche à droite, les escaliers sont envahis, rendant la traversée presque impossible. À chaque pas, un panier, une bassine ou un amas de mouches rappelle l’état de dégradation du lieu. L’ambiance est tendue, l’image désolante, sous le regard passif des autorités locales.

Petit Symbaya, à l’instar de Koloma, illustre le manque de contrôle et le désordre persistant dans l’espace public. Ce lieu, conçu pour la sécurité et le confort des citoyens, est désormais un symbole des mauvaises habitudes et de l’inaction. Il est urgent que les autorités interviennent pour rétablir l’ordre, l’hygiène et la sécurité sur ces passerelles afin qu’elles remplissent enfin leur véritable mission.
Amadou Diallo














