Le CNT a accordé, dans la Loi de finances rectificative 2024, une enveloppe de 25 milliards GNF au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage pour finaliser la construction et l’équipement de cet abattoir. Selon le rapport officiel, ce financement a été entièrement décaissé. Pourtant, un an plus tard, les travaux demeurent inachevés, malgré l’engagement ferme du ministre de tutelle d’achever le projet avant décembre 2024.
Interpellé par Allureinfo.net s’il était au courant, le premier ministre Amadou Oury Bah a d’abord répondu: « De manière particulière, non, par rapport à ça. »
Il a ensuite précisé: « Mais vous voyez, le processus de l’immersion gouvernementale à l’intérieur du pays, c’est d’inventorier tous les projets qui avaient commencé et qui n’ont jamais été terminés. Pour se poser la question, pourquoi ? Et des comptes seront demandés à ceux qui sont chargés de la réalisation de ces projets. Il y a des dépenses qui étaient engagées, des avances de démarrage pour des activités bien précises de route. Et par la suite, quelques temps après, on constate que même le début des travaux n’a pas été engagé. »
Le Premier ministre explique que la démarche actuelle vise avant tout à renforcer le contrôle de l’action publique: « C’est la raison pour laquelle ces contrats de performance, cette immersion gouvernementale, [existent] pour s’assurer que l’argent public, lorsqu’il est envoyé pour la réalisation d’un projet, il faut que ce soit suivi et que ce soit effectué. Le tour que nous faisons dans le pays, ce n’est pas pour le tourisme, c’est de vérifier tous ces projets qui ont été lancés et qui n’ont peut-être pas été amenés à terme. Les contrats de performance, c’est jauger de la capacité des administrations à le faire. »
Bah Oury pointe également un déficit d’information au niveau local: « Nous avons constaté par ce biais-là que les gouverneurs et les préfets, par rapport à des projets dans leur territoire administratif, parfois ils ne sont pas au courant. Comment donc ils peuvent vérifier si ça avance, si ça n’avance pas ? »
S’agissant spécifiquement du chantier de Kagbélén, il s’est voulu rassurant: « On va s’informer pourquoi l’abattoir n’est pas fait pour être beaucoup plus précis et s’assurer que ça va être fait. »
Amadou Diallo














