La plénière marathon de sept heures tenue le vendredi 21 novembre 2025 a été marquée par des critiques ouvertes de plusieurs conseillers nationaux. Ceux-ci ont dénoncé en direct la réception jugée tardive des documents relatifs aux projets de lois soumis à l’examen du jour, affirmant n’avoir reçu les textes qu’aux environs de 11 heures pour une séance programmée à 15 heures.
Face à ces accusations, le président du Conseil National de la Transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, est intervenu pour apporter des précisions fermes, rappelant les obligations des conseillers et le fonctionnement interne des commissions.
Dès l’entame de son propos, Dr Kourouma a fermement réfuté l’idée d’une transmission tardive. « Je n’avais pas voulu répondre, mais je suis obligé de le faire. Ces lois existent dans les commissions depuis longtemps. Certaines copies ont même rougi. Elles ont été mises à disposition en version papier et électronique. Chaque commission disposait d’une clé USB contenant huit lois organiques à examiner. »
Il n’a pas manqué de souligner que les difficultés rencontrées ne relevaient pas seulement de l’administration, mais aussi des conseillers eux-mêmes. « Nous sommes 81, il y a des absents. Si tu n’étais pas en commission au moment où on distribuait les clés, c’est autre chose. Toutes les commissions ont reçu les textes en version électronique et papier, comme le gouvernement. »
Dr Dansa Kourouma a également évoqué ses tournées régulières dans les salles de travail, où il constatait souvent un manque d’assiduité. « Quand je voyais qu’il y avait peu de conseillers, je prenais mon téléphone pour appeler les présidents et leur demander de rappeler les membres. Nous sommes ici dans une école de la République. Nous devons comprendre les lois organiques que nous avons nous-mêmes rédigées. »
Il a précisé que les textes débattus en plénière étaient les mêmes documents déposés depuis des semaines dans les commissions, invitant chacun à assumer sa part de responsabilité dans leur étude.
Enfin, le président du CNT a préféré user d’un adage imagé: « Je m’arrête ici, parce que quand vous prononcez le nom de toutes les parties de votre corps, vous allez vous insulter. » Un message à peine voilé à l’endroit des conseillers qui, selon lui, se montrent souvent absents lors des travaux préparatoires, mais particulièrement volubiles en plénière pour détourner l’attention de leurs propres manquements.
Ainsi, du berger à la bergère , Dr Dansa Kourouma a recadré ses conseillers, rappelant que rigueur, présence et préparation demeurent les exigences essentielles au bon fonctionnement du CNT.
Amadou Diallo














