Alors que le projet de création de l’opérateur public Guinée Télécom tarde toujours à voir le jour, notre reporter a interrogé, ce lundi à la Primature, des cadres du Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie Numérique, évalués dans le cadre du programme de suivi des départements ministériels.
Interpellé sur le silence entourant ce projet annoncé depuis plusieurs années, le secrétaire général Nouhan Traoré, qui conduisait l’équipe du ministère, a apporté des précisions: « La question Guinée Télécom est une question politico-administrative », a-t-il déclaré d’emblée, indiquant que les lenteurs actuelles dépassent le seul cadre technique.
Il affirme pourtant que le ministère a rempli l’ensemble de ses obligations dans le processus: « À notre niveau, nous avons accompli toutes les tâches techniques visant à favoriser la mise en place et l’opérationnalisation de cet opérateur tant attendu. C’est une ambition nationale, un rêve que nous partageons au sein du département. C’est un défi que nous voulons relever », insiste-t-il.
Toutefois, deux obstacles majeurs freinent encore la concrétisation du projet: « La revitalisation de l’entreprise et la recherche d’un partenaire capable d’apporter la recapitalisation nécessaire restent des défis importants. Pour que le premier opérateur national devienne une réalité, il faut mobiliser des ressources conséquentes », explique Nouhan Traoré.
Il souligne par ailleurs que ces enjeux dépassent le domaine technique: « Ces aspects ont des implications politiques qui ne relèvent pas de notre niveau de décision. »
Malgré ces contraintes, le ministère dit maintenir son engagement pour voir naître ce premier opérateur public de téléphonie, censé renforcer la souveraineté numérique de la Guinée et réduire la dépendance vis-à-vis des opérateurs privés actuellement dominants.
Amadou Diallo














