Les Guinéens viennent de cocher la case du retour à l’ordre constitutionnel en votant massivement « oui » en faveur de la nouvelle Loi fondamentale portée par la junte au pouvoir. En remportant ce scrutin haut la main avec 89,38% de « oui » contre 10,62% de « non », le Général Mamadi Doumbouya conforte ainsi son assise, susceptible de lui baliser le chemin dans la perspective de la présidentielle du 28 décembre 2025. Au cas où, il lui venait bien évidemment l’intention de troquer l’uniforme militaire contre le costard civil, pour briguer un mandat présidentiel.
Le vote référendaire dont l’issue s’est soldée par un «Oui» massif, selon les chiffres officiels de la Direction Générale des Elections (Dge), qui ont été confirmés par la Cour suprême, vient forclore la Charte de la transition.
Un clou chasse l’autre, nous enseigne l’adage. Preuve que le processus de retour à l’ordre constitutionnel se fait dorénavant à marche forcée, le chef de l’État a fait coup double dans la foulée de la confirmation des résultats par la Cour suprême. En promulguant de but en blanc la nouvelle Constitution et en fixant la date de la présidentielle pour le 28 décembre prochain.
Une victoire sans péril
Avec la débauche de moyens et d’énergie de l’administration publique, fortement impliquée dans la campagne en faveur du « Oui », la messe était dite. Le rouleau compresseur du Conseil National du Rassemblement pour la Démocratie (Cnrd) n’ayant fait que d’une bouchée les partisans du « Non ». Même si ceux-ci non plus n’ont pas démérité pour avoir réussi à engranger un score de 10,62% de voix dans une compétition où leurs marges de manœuvre étaient ultra réduites.
Il n’y a certes pas de quoi pavoiser, mais l’honneur est sauf pour Dr Faya Millimono et Sadjo Barry. Les deux francs-tireurs qui avaient appelé à voter « Non » contre l’avis de leurs collègues de l’opposition.
Une opposition en désordre de bataille
Les principales formations politiques, à savoir l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (Ufdg) et le
Rassemblement du Peuple de Guinée (Rpg), n’ayant plus droit de cité dans le landerneau, s’étaient résolues à appeler leurs militants à boycotter le scrutin du 21 septembre. Car pour ces partis, les jeux seraient truqués, quelle qu’en soit l’issue. Il ne fallait donc pas jouer les faire-valoir aux côtés d’un régime qui a eu le toupet d’étouffer toutes les voix dissonantes.
Ces partis réduits dorénavant en astres morts qui luisent mais n’existent que sur le papier, n’ont toutefois pas réussi à rallier toutes les autres formations politiques « anti-Cnrd », à leur option.
Le Bloc Libéral (BL) du Dr Faya Millimono et le Bloc Africain de Guinée (BAG) de Sadio Barry avaient plutôt misé sur un vote en faveur du « Non », au détriment du boycott. Dans l’espoir de battre le pouvoir de Conakry dans son jeu. Mais le fait d’amorcer ce virage électoral en désordre de bataille n’aura fait que profiter à la junte. Du moins si l’on s’en tient aux résultats annoncés par la DGE. Encore une fois, les opposants guinéens n’ont été d’accord que sur leur désaccord. Tout comme les philosophes. Profiter autant que possible de l’alignement des planètes
Maintenant que l’affaire est dans le sac parlant de la victoire acquise lors du référendum constitutionnel, le Cnrd peut boire du petit lait. Tout en ayant la tête dans le guidon dans la perspective de la présidentielle fixée au 28 décembre par le président.
Autant profiter de l’alignement des planètes pour battre le fer pendant qu’il est chaud. Ne Surtout que dans la configuration actuelle, l’éventuel candidat qui sortira du cœur nucléaire du pouvoir n’aura face à lui que du menu fretin.
Cellou, Sidya et Alpha étant exclus de facto de la compétition électorale, conformément à la nouvelle Constitution.
Concernant le volet logistique, le gouvernement, à travers le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), le général Ibrahima Kalil Condé, dit avoir mis les petits plats dans les grands. Afin de permettre aux 6,7 millions de citoyens enrôlés dans le fichier de voter dans la sérénité, lors de la présidentielle du 28 décembre.
ALLURE MAG | N° 004-005 – SEPTEMBRE-OCTOBRE 2025














