À quelques jours du lancement du contrôle obligatoire des permis pour engins à deux et trois roues, prévu le 29 novembre, les réactions se multiplient dans le Grand Conakry. Depuis l’annonce faite le lundi 24 novembre, de nombreux conducteurs dénoncent une mesure jugée soudaine, coûteuse et difficile à supporter pour les ménages.
Au marché de Kiroty, Fodé Sylla exprime son incompréhension et sa colère: « En Guinée, j’ai l’impression que l’État n’a aucune pitié pour les pauvres que nous sommes. Tu te réveilles un matin et on t’annonce que tu dois payer 800 000 FG pour une vieille moto. Je suis inquiet, où vais-je trouver cet argent maintenant ? »
À ses côtés, Billo intervient spontanément: « Si l’État manque d’argent, c’est toujours nous qui payons. On nous dit de revenir au pays pour construire notre avenir, mais c’est comme ça qu’on nous tue à petit feu. Je reviens du Sénégal, et là-bas, les décisions ne tombent pas de cette manière. L’État veut qu’on gare nos motos d’accord. Sinon, comment trouver 800 000 FG immédiatement? »
Au centre commercial de Lambanyi, le même mécontentement est palpable.
Pour Bobo Barry, la décision est inappropriée et même dangereuse: « Le président doit faire attention à certaines mesures. Pour moi, c’est un acte de sabotage à quelques jours de l’élection présidentielle. Comment payer 800 000 FG ? En allant voter frustré, qu’est-ce que ça va donner ? Je suis père de cinq enfants inscrits dans des écoles privées, ce n’est pas la solution. Je demande au président Mamadi d’intervenir.»
À Sonfonia, Souleymane Traoré estime que cette décision pourrait créer conflits et abus dans la circulation: « Cette histoire de 800 000 FG va provoquer bagarres et disputes. Si un policier t’arrête et que tu n’as pas le montant demandé, tu seras obligé de payer quelque chose pour qu’il te laisse partir. Ce n’est pas juste. »
À quelques heures de la date budoire du 29 novembre, une frange importante de conducteurs d’engins à deux et trois roues, critique la mesure gouvernementale, jugée inadaptée à la réalité économique actuelle. Beaucoup appellent les autorités à reconsidérer le montant ou à reporter son application.
Reste à savoir si ces différents appels tonberont dans de bonnes oreilles.
Amadou Diallo














