Dans la préfecture de Nzérékoré, la pénurie de carburant s’intensifie et les conséquences se font sentir dans tous les secteurs. Aux abords des quelques stations-service encore opérationnelles, les files d’attente s’allongent dès l’aube, forçant automobilistes et motocyclistes à patienter parfois des heures pour obtenir quelques litres d’essence.
Parmi eux, Mamadi Kourouma, agent de l’Anafic, qui se dit profondément affecté par la situation. « Le problème de carburant commence à devenir un sérieux problème. Cela fait deux jours que je dois aller dans ma zone de travail à Nzö, dans la préfecture de Lola, mais impossible. Il faut que l’État essaie de revoir cela vraiment », déplore-t-il.
Roger Lamah, taxi-maître, accuse pour sa part certains pompistes de privilégier le marché noir : « Moi je ne dirai pas qu’il y a une crise. Les pompistes refusent de nous vendre du carburant. Ils donnent à ceux du marché noir la nuit. C’est déplorable. »
Il souligne que le litre s’y revend désormais à 15 000 francs guinéens au marché noir, alors qu’il est officiellement fixé à 12 000 francs en station.
Face à la rareté du produit, les vendeurs du marché noir justifient la hausse jugée excessive de leurs prix. Samba Sow, l’un d’entre eux, affirme qu’ils n’ont d’autre choix que de relever leurs propres coûts. « Nous ne sommes pas méchants, mais c’est difficile d’avoir du carburant à la station. On est obligé d’ajouter 5.000 francs guinéens sur chaque bidon pour avoir le carburant. On ne peut pas vendre à perte. »
Cette situation entraîne une flambée des tarifs de transport, au grand désarroi des populations. Jeanette Loua, mère de famille, confie les difficultés rencontrées ces derniers jours : « Ces deux jours, c’est pas facile pour nous. Nous payons cher le transport. Là où tu devais payer 5 000 francs, on te demande maintenant 10 000 francs. »
Afin de comprendre les causes de cette pénurie persistante, nous avons tenté de joindre le directeur régional de la SONAP. Malgré plusieurs sollicitations, il n’a pas été disponible à répondre à nos questions.
Aboubacar Sidiki Camara














