À quelques semaines de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre, les habitants de Nzérékoré expriment avec insistance leurs attentes et leurs préoccupations. Dans les quartiers comme dans les marchés, les discussions convergent : chacun espère que le prochain président apportera des solutions concrètes aux défis du quotidien.
Dans la région forestière, la question des infrastructures routières revient comme l’une des principales urgences. De nombreux citoyens souhaitent que le futur chef de l’État engage des actions fortes pour améliorer le réseau routier, souvent dégradé.
« Nos attentes sont nombreuses ici en région forestière. Surtout le problème de route, ça inquiète pratiquement tout le monde », nous confie Doubani Keita.
Même constat du côté de Zogbelemou Pépé, qui estime que malgré le statut de grande ville de Nzérékoré, les routes bitumées restent insuffisantes. Il appelle le prochain président à « régler ce problème ».
Au-delà des routes, la question de l’emploi, notamment celui des jeunes, demeure un autre sujet de préoccupation. Une grande partie de la population active évolue dans l’informel, avec des initiatives souvent freinées par le manque d’accompagnement.
« Les jeunes ont de belles initiatives, mais ils ne sont souvent pas accompagnés. La population guinéenne est à moitié jeune… des efforts sont en train d’être faits, mais il faudrait les renforcer », suggère Mamadi Oularé, directeur de la Maison des jeunes de Nzérékoré.
Sur le plan social, de nombreux habitants demandent une amélioration significative du système sanitaire. Ils souhaitent des centres de santé mieux équipés, un personnel médical renforcé et des structures capables de répondre aux besoins locaux.
« Nzérékoré est une grande ville. Il faudrait que nous puissions avoir des hôpitaux dignes de ce nom, à l’image de Donka, pour éviter d’envoyer toujours les patients à Conakry. Qu’on puisse faire de grandes interventions sur place », plaide Oumar Kalissa, enseignant-chercheur à l’université de Nzérékoré.
Alors que la région forestière est souvent considérée comme une zone sensible, plusieurs intervenants appellent les jeunes à la retenue et à l’apaisement durant la campagne électorale. Ils prient pour des candidats plus proches des réalités locales, et surtout porteurs d’engagements réalistes et réalisables.
À Nzérékoré, l’espoir est que le scrutin du 28 décembre ouvre une nouvelle page, faite de progrès visibles et durables pour la région et ses habitants.
Aboubacar Sidiki Camara














