À Koloma, Yembeya, Madina, la scène se répète dans plusieurs quartiers de Conakry. Les passerelles, pensées pour protéger les piétons du flux intense de véhicules, se transforment peu à peu en marchés improvisés. Ce qui devait être un espace de sécurité est désormais un lieu de désordre, saturé de stands sauvages et d’activités commerciales incontrôlées.
À Sonfonia Gare, la situation est particulièrement alarmante. La passerelle, encombrée du matin au soir, est devenue un véritable marché à ciel ouvert. Herbes médicinales, condiments, balais, patates, mais aussi plus grave encore médicaments pharmaceutiques y sont vendus à même le sol, au mépris total des règles sanitaires.
Interpellée ce dimanche 7 novembre 2025, une vendeuse réagit vivement: « Pourquoi cette question ? Si je vends ici, c’est ton problème ? Moi, Fanta Touré, je ne quitte pas ici » lance-t-elle.
Un vendeur de jouets adopte le même ton: « Foutez-nous la paix ! Ici, c’est public. On vend, on ne gêne personne. Si tu es fâché, jette mes jouets. »
Une autre femme, plus discrète mais tout aussi déterminée, ajoute: « Tu peux filmer, envoyer où tu veux. Personne ne me fera partir. Quand on nous fait déguerpir, ce sont d’autres qui viennent s’installer après. »
Dans les escaliers, l’espace de passage a presque disparu. Bassines, paniers, étals et nuées de mouches s’interposent à chaque pas. Pour traverser, il faut se frayer un chemin dans une atmosphère tendue, parfois hostile.
Des infrastructures pensées pour sécuriser deviennent, faute de contrôle, des zones à risque ignorées des autorités locales.
Amadou Diallo
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