À l’issue de leur rencontre bilatérale, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, et son homologue malien, le général Abdoulaye Maïga, ont répondu aux questions des journalistes, abordant principalement la lutte antiterroriste et la crise du carburant au Mali.
Interrogé sur l’aide que la Guinée pourrait apporter au Mali, notamment sur la question de carburant, le Premier ministre Amadou Oury Bah a privilégié la réserve. Selon lui: « les ministres sectoriels ont en charge certains aspects techniques en relation avec la question que vous venez de poser. Ce sont des questions qui méritent des réponses concrètes sans aucune forme de publicité. » Il a ainsi rappelé que plusieurs discussions techniques sont en cours, mais qu’elles doivent rester confidentielles jusqu’à la finalisation des solutions concrètes.
Pour sa part, le Premier ministre malien a tenu à resituer la crise du carburant dans son contexte, appelant à « remettre la crise du carburant dans ses proportions réelles ». Il a expliqué que les perturbations observées dans les circuits logistiques résultent d’un changement de stratégie des groupes terroristes, signe selon lui d’un affaiblissement notable: « Ce changement de mode opératoire des groupes terroristes est un indicateur du fait que ces groupes aujourd’hui sont sous pression des forces armées maliennes en collaboration avec les autres forces de la Confédération des États du Sahel. Comme je l’ai dit, en 2012, c’est les groupes qui contrôlaient des régions entières. Aujourd’hui, c’est les groupes qui se retrouvent à perturber les circuits logistiques. Donc c’était un indicateur très réaliste, très fort de la pression subie par ces groupes terroristes. Ceci est à côté de la crise du carburant. »
Le général Abdoulaye Maïga a ensuite dénoncé ce qu’il qualifie de manipulations médiatiques, notamment autour des rumeurs concernant un prétendu encerclement de Bamako: « Nous dénonçons avec force la guerre informationnelle, la propagande dont le Mali a été victime. Je pense que nous avons suivi ici tous avec une profonde indignation des scénarios dignes de fiction sur le fait que Bamako serait encerclée. Je voudrais vous rassurer que Bamako n’a jamais été menacé par les groupes terroristes et aujourd’hui les groupes terroristes n’ont aucune capacité ni de menacer Bamako, ni aucune autre région du Mali. »
Il a par ailleurs mis en cause certains médias internationaux, citant explicitement Radio France Internationale: « Et malheureusement, dans cette guerre d’informations, certains organes de presse se distinguent négativement, et malheureusement Radio France Internationale qui est à la base de cette question en fait partie. »
Un prochain article reviendra en détail sur les déclarations des deux Premiers ministres concernant la situation sécuritaire et les perspectives de coopération entre la Guinée et le Mali.
Décryptage: Amadou Diallo
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