Dans la commune rurale de Diountou, située dans la préfecture de Lelouma, au cœur du Fouta Djallon, la consommation du tramadol et d’autres substances assimilées prend une ampleur préoccupante. Apprentis désœuvrés, jeunes sans emploi stable, élèves en décrochage scolaire : le phénomène touche plusieurs franges de la jeunesse et alarme autorités locales et responsables communautaires.
Lors de notre immersion dans cette localité située à 31 kilomètres de la commune urbaine de Labé, Alpha Oumar Diallo, directeur sous-préfectoral de la jeunesse, dresse un constat amer. De nombreux jeunes, dit-il, ont abandonné toute activité productive.

« Beaucoup ne travaillent plus. Ils passent leurs journées dans les cafés ou à vendre des produits illicites qui détruisent la jeunesse », déplore ce responsable qui précise que cette situation a été régulièrement portée à l’attention des autorités communales, sous-préfectorales et préfectorales, ainsi qu’aux forces de défense et de sécurité.
Le premier responsable de la jeunesse de Diountou dénonce également la présence de points de vente illégaux en plein cœur du grand marché central de Diountou. « Il existe un maquis non autorisé au milieu du nouveau marché. Malgré les démarches entreprises avec le maire et d’autres autorités locales, aucune suite favorable n’a été donnée jusqu’à présent », regrette-t-il, évoquant un manque de moyens et d’effectifs au sein de la police et de la gendarmerie.

Cette consommation de stupéfiants entraîne aussi des conséquences sécuritaires. Selon Alpha Oumar Diallo, des cas de vols sont fréquemment enregistrés dans le marché local.
« Plus de neuf boutiques ont été caillassées. Mais la peur de représailles et la méfiance vis-à-vis des procédures judiciaires dissuadent souvent les victimes de porter plainte directement auprès des forces de l’ordre, laissant de nombreux dossiers sans suite », affirme notre interlocuteur.

L’impact sur le système éducatif n’est pas moins inquiétant. Bien que Diountou dispose d’un collège-lycée, la fréquentation scolaire est en baisse. Les soirées éducatives et les activités de suivi des élèves peinent à mobiliser.
« Ceux qui résistent à ces pratiques s’en sortent mieux et se concentrent sur leurs études, mais ils restent minoritaires », constate de son côté Abdoul Gadirou Diallo, président de la délégation spéciale de Diountou.

Face à cette situation alarmante, les autorités locales de Diountou lancent un appel pressant aux nouvelles autorités préfectorales et aux services de sécurité. Elles réclament une application rigoureuse de la loi, le démantèlement des réseaux de vente de tramadol et un appui renforcé pour assainir les marchés et mieux encadrer la jeunesse de Diountou.
AOB














