Ce jeudi 25 décembre 2025, la communauté chrétienne de Guinée, comme ailleurs dans le monde, célébre la fête de Noël. Une célébration mêlant la joie religieuse de la naissance du Christ à des traditions populaires et des coutumes locales, transformant la fin de l’année en une période de retrouvailles et de réjouissances.
Cependant, cette année, la fête de Noël à Conakry s’est vue marquée par une hausse des prix des denrées de première nécessité, rendant l’accès aux produits festifs difficile pour de nombreuses familles guinéennes. Dans l’un des plus grands marchés de la capitale, celui d’Enco5, la matinée de Noël a débuté tranquillement. À 12 heures, bien que l’affluence fût notable, les commerçants n’avaient pas encore enregistré les pics habituels de foule que l’on pourrait attendre pour un jour de fête.

Les prix, en revanche, sont loin de refléter cette période festive et laissent un goût amer chez de nombreux consommateurs. En effet, un kilogramme de viande se négocie à 65 000 GNF, tandis que les poulets importés varient entre 35 000 et 40 000 GNF. Les poissons, traditionnellement présents sur la table de Noël, sont proposés à des prix élevés, allant de 70 000 à 80 000 GNF pour les plus gros, tandis que les plus petits, encore accessibles, sont vendus entre 25 000 et 50 000 GNF. Les produits de base ne sont pas non plus en reste. Le kilogramme de pomme de terre est affiché à 17 000 GNF, tandis que l’oignon atteint les 15 000 GNF le kilogramme. Les prix des légumes, comme le chou, varient entre 5 000 et 7 000 GNF la gouche. L’huile d’arachide, un ingrédient essentiel pour la préparation des repas festifs, coûte désormais 18 000 GNF le litre, tandis que l’huile de palme se vend à 20 000 GNF pour un litre.

Du côté des céréales, les prix sont eux aussi en hausse. Le riz Bangladesh, un produit souvent privilégié pour les grandes occasions, est vendu à 7 000 GNF le kilogramme, tandis que le riz parfumé coûte 10 000 GNF. Le riz local, quant à lui, varie entre 8 000 et 10 000 GNF, selon la qualité.
Face à cette situation, de nombreux citoyens expriment leur frustration. Fatoumata Bangoura, une habitante rencontrée sur place, n’a pas caché son désarroi: « Comme vous pouvez le voir, mon porte-feuille est presque vide et je n’ai pas pu acheter grand-chose. Les prix sont trop chers. J’avais 150 000 GNF en poche, mais quand je vois qu’un bon poisson coûte 80 000 GNF et qu’un kilogramme de viande est à 65 000 GNF, je suis dans l’incapacité de faire des choix. Qui est responsable de cette situation ? L’État ? Les commerçants ? La souffrance est réelle et il faut que cela cesse. L’État doit absolument intervenir pour revoir la question des prix », a-t-elle déclaré avec amertume.

De son côté, Colette Kalivogui a décidé d’opter pour une solution plus économique, choisissant de préparer un plat traditionnel africain. « Je vais plutôt cuisiner une bonne sauce de feuilles de patates douces. Compte tenu des prix élevés du poisson et des autres condiments, je préfère acheter des poissons fumés. Cela me permettra de préparer un repas délicieux et moins coûteux », a-t-elle expliqué, résolue à célébrer Noël malgré les difficultés économiques.

Des consommateurs, déjà éprouvés par les hausses des prix, appellent de plus en plus à une intervention de l’État pour soulager la souffrance de la population et rendre les produits essentiels plus accessibles. En attendant, certains trouvent des solutions alternatives pour célébrer les festivités, tandis que d’autres expriment un véritable sentiment d’injustice face à l’inflation galopante qui frappe leurs porte-monnaie.
Marliatou Sall














