Le football français est en deuil. Rolland Courbis, figure emblématique des bancs de touche, est décédé ce lundi 12 janvier 2026 à l’âge de 72 ans. Une disparition qui a suscité une vive émotion dans le monde du ballon rond, notamment chez ceux qu’il a marqués de son empreinte humaine et sportive.
Parmi eux, Aboubacar Titi Camara. L’ancienne gloire du football guinéen a évolué sous les ordres de Courbis à l’Olympique de Marseille entre 1997 et 1999, une période qui a profondément compté dans sa carrière. Très touché, l’ex-Marseillais rend un hommage appuyé à celui qu’il décrit avant tout comme un guide.
« C’était une figure emblématique du football français. J’ai eu la chance de le croiser en tant qu’entraîneur. À Marseille, il était plus paternel qu’un simple entraîneur pour nous tous », confie Titi Camara, soulignant la proximité et la dimension humaine de Courbis.
L’ancien sélectionneur et ministre insiste également sur la richesse footballistique de l’homme. « Il avait une connaissance profonde du football français. Sa compréhension des attaquants et des milieux de terrain, combinée à son vécu, l’a énormément aidé dans la transmission. Il avait cette pédagogie et surtout cet amour du football », témoigne-t-il.
Sous sa direction, Titi Camara a connu une véritable évolution. « Lors de ma première saison, il a voulu me transformer en joueur excentré qui rentrait à l’intérieur sur son bon pied. Il m’a énormément apporté durant les deux années passées à l’OM », rappelle-t-il avec reconnaissance.
Les souvenirs marseillais restent forts, entre regrets et moments d’anthologie. « Cette saison où Bordeaux nous a chipé le titre lors de la dernière journée reste inachevée, malgré la demi-finale européenne. Il y a eu des décisions contestables qui nous ont coûté cher », regrette-t-il. Mais Titi Camara retient surtout l’émotion brute : « Le match contre Montpellier, menés 4-0 puis vainqueurs 5-4, reste historique. Son discours nous a transformés. Nous sommes entrés comme des guerriers. C’est l’un des moments forts de son passage à Marseille. »
Au-delà des résultats, c’est l’homme que l’ancien capitaine du Syli National met en avant. « C’était quelqu’un de profondément attachant, une personnalité marquante. Il restera gravé dans nos mémoires. Il a énormément compté dans ma carrière. C’est grâce à lui que je suis arrivé à Marseille après Lens. Son apport a été déterminant pour la suite de mon parcours. »
Pour Titi Camara, l’héritage de Rolland Courbis est clair : « Il avait cette capacité rare à transformer un joueur moyen en grand joueur. Partout où il est passé, il a marqué les esprits et laissé une empreinte forte. »
Un témoignage fort, à l’image d’un entraîneur qui aura su marquer bien plus que des tableaux d’affichage.
Mohamed Béné Barry
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