La Guinée vit une semaine historique avec l’investiture du président Mamadi Doumbouya pour un premier mandat de sept ans, dans la foulée de l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution, promulguée en septembre 2025. Ce texte fondamental redéfinit les pouvoirs et les responsabilités du chef de l’État, encadrant strictement son action au service de la nation.
Avant d’aborder les prérogatives présidentielles, les articles 60 et 61 fixent une obligation essentielle de transparence: le président doit déposer, dans les dix jours suivant son investiture, une déclaration écrite et sur l’honneur de ses biens auprès de la Cour constitutionnelle. Cette mesure vise à renforcer la probité à la tête de l’État et constitue également une exigence obligatoire en fin de mandat.
L’article 61 précise: « Les écarts entre la déclaration initiale et celle de la fin de mandat ou de fonctions doivent être dûment justifiés devant la Cour des comptes. »
L’Article 62 souligne que le chef de l’État et garant de l’unité nationale: « Le président de la République incarne l’unité nationale et veille au respect de la Constitution, des lois, des décisions de justice ainsi que des traités et accords internationaux. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et de la continuité de l’État.
En sa qualité de commandant en chef des forces armées, il préside le Conseil supérieur de la défense nationale ». L’article 62 confère également au président le rôle de protecteur des arts et des lettres et de grand maître des ordres nationaux du mérite.
A sa suite, l’Article 63 évoque l’orientation et le contrôle de la politique nationale: « Le président oriente et contrôle la mise en œuvre de la politique de la nation, définissant ainsi les grandes lignes de l’action gouvernementale. »
L’Article 64 pour sa part, parle du pouvoir réglementaire du chef de l’Etat: « Le président de la République dispose du pouvoir réglementaire, signant ordonnances et décrets nécessaires au fonctionnement de l’État. »
A l’article 65 de la nouvelle constitution, le législateur évoque les nominations et organisation du gouvernement: « Le président nomme par décret aux fonctions civiles et militaires sur la base de la probité, de la compétence, de l’inclusion et de la représentation territoriale. Il fixe par décret les attributions de chaque ministère et préside le Conseil des ministres. Il peut déléguer certains pouvoirs au Premier ministre, selon les modalités fixées par une loi organique. »
Article 66 dispose de la nomination du Premier ministre : « Le président nomme le Premier ministre conformément aux conditions de l’article 80 de la Constitution. »
Article 67 – diplomatie et représentation internationale: « Le président accrédite les ambassadeurs et envoyés extraordinaires auprès des États et organisations internationales. De même, les représentants des États et des organisations internationales sont accrédités auprès de lui. »
Enfin, à l’Article 68, on parle du droit de grâce qui dispose que « le président exerce le droit de grâce, un pouvoir qui lui permet d’intervenir de manière exceptionnelle dans le domaine judiciaire. »
Décryptage: Amadou Diallo














