En dépit des journées d’assainissement et des opérations de déguerpissement lancées par les autorités, la ville de Conakry reste marquée par une insalubrité grandissante. Dans plusieurs quartiers de la capitale, des tas d’immondices sont visibles, parfois à proximité des concessions, aux alentours des marchés, mais surtout en bordure des routes. Les eaux souillées et stagnantes sont également perceptibles par endroits, notamment dans les caniveaux.

De Simambossia à Sonfonia, en passant par la cité Enco 5, sans oublier certains secteurs de Lambanyi, les poubelles sauvages pullulent dans les différents quartiers. Au marché de Koloma, les ordures envahissent parfois les voiries, perturbant la fluidité de la circulation et dégageant une odeur nauséabonde. Une situation de plus en plus inquiétante pour les riverains et les usagers.

Interrogée ce lundi 12 janvier 2026, Fanta Kaba, résidente du quartier Soumabossia, déplore la situation. « Il y a trop d’ordures ici. L’État doit multiplier les efforts pour assainir notre capitale, Conakry. Les journées d’assainissement doivent produire de vrais changements et aboutir à une ville propre. Les autorités doivent s’impliquer davantage et appliquer des sanctions en cas de défaillance de la part des citoyens », a-t-elle déclaré.

Salim Soumah lui emboîte le pas et invite l’État à s’inspirer de l’exemple rwandais. « Nous n’avons pas d’endroit approprié pour décharger les ordures. Quand il pleut, elles se retrouvent sur la route et causent d’énormes problèmes aux usagers. C’est vraiment difficile pour la population. Regardez le Rwanda : Kigali est une ville attirante grâce à sa propreté exemplaire. Pourquoi ne pas faire autant ? Ensemble, nous pouvons changer la donne », a-t-il lancé.

Un autre usager, Sarafou Bah, pointe quant à lui l’incivisme de certains citoyens qui déversent les ordures sur la voie publique et dans les caniveaux: « Les gens refusent de s’abonner aux services de collecte et viennent ensuite remplir les poubelles au bord de la route. Cela donne une mauvaise image de notre pays. C’est de l’incivisme. Il faut entretenir les routes, car les odeurs nauséabondes favorisent l’apparition de maladies », a-t-il averti.
Marliatou Sall














