L’absence du Syli National de Guinée à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 continue de susciter des réactions. Aboubacar Titi Camara, ancienne figure emblématique de la sélection guinéenne, s’est exprimé sans détour sur cette situation qu’il juge regrettable, tout en livrant son regard sur l’organisation du tournoi et les équipes encore en course.
Pour l’ancien international, le constat est clair. La Guinée ne peut s’en prendre qu’à elle-même. « Il faut reconnaître que les équipes encore en lice se sont qualifiées sur le terrain. Après coup, on ne peut s’en vouloir qu’à nous-mêmes », affirme-t-il. Titi Camara regrette surtout le manque de communication autour de l’élimination du Syli. « Ce qui est regrettable, c’est le manque d’explications claires données au peuple guinéen », insiste-t-il.
Parmi les raisons majeures de cet échec, l’ancien attaquant pointe du doigt une difficulté structurelle persistante. « L’équipe nationale joue depuis plusieurs années hors de ses bases, ce qui constitue un véritable handicap », déplore-t-il, rappelant que « les points se gagnent sur le terrain » et que la Guinée n’a pas su gérer « les matchs les plus importants ». Malgré tout, Titi Camara reste convaincu du potentiel du Syli : « Avec beaucoup de regrets, on peut dire que la Guinée avait sa place dans cette compétition, mais elle n’en faisait pas partie. »
Au-delà du cas guinéen, Titi Camara a également livré son analyse sur la CAN 2025. S’il salue la qualité des infrastructures et des pelouses, il émet des réserves sur l’arbitrage. « À certains moments, il n’a pas été à la hauteur. Cela donne une image peu valorisante du football africain », regrette-t-il, tout en reconnaissant « le très bon niveau général des équipes ».
Sur le plan sportif, l’ancien international estime qu’il n’y a pas eu de réelle surprise. « Les équipes favorites se sont retrouvées en demi-finales », souligne-t-il, avant de passer en revue les forces en présence. Le Nigeria reste selon lui « une équipe redoutable, dangereuse, avec des attaquants capables de faire la différence à tout moment ». L’Égypte, de son côté, « sait exploiter les contres grâce à des joueurs d’expérience et une défense bien organisée ». Quant au Sénégal, « c’est une équipe mûre, structurée, qui a franchi un cap ces dernières années ». Enfin, le Maroc « possède une grande qualité collective et bénéficie du soutien d’un public exigeant ».
Même si le Maroc apparaît comme favori, Titi Camara appelle à la prudence. « Rien n’est joué d’avance. D’autres équipes, notamment le Nigeria, ont les moyens de rivaliser », prévient-il, avant de conclure avec optimisme : « On ne peut qu’espérer que la meilleure équipe remporte cette édition, car sur le plan infrastructurel, il n’y a vraiment rien à redire. »
Un discours lucide et engagé, qui sonne comme un appel à tirer les leçons du passé pour permettre au Syli National de retrouver, à l’avenir, la place qu’il mérite sur la scène africaine.
Mohamed Béné Barry
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