C’est le moment solennel tant attendu. À 13h03 précises, le président Mamadi Doumbouya fait son entrée dans l’enceinte du stade Général Lansana Conté de Nongo, sous les acclamations d’un public venu en masse assister à l’acte fondateur de son mandat.
Vêtu d’un bazin blanc, orné de symboles nationaux sur la poitrine, coiffé d’un bonnet blanc sur une tête rasée et chaussé de babouches assorties.
La cérémonie se déroule en présence de nombreux chefs d’État et de gouvernement et de hautes personnalités africaines et internationales. Parmi eux figurent notamment Assimi Goïta, président du Mali, Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon accompagné de son épouse, Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, Mohamed Ould Ghazouani de la Mauritanie, Adama Barrow de la Gambie, les présidents du Liberia, de la Sierra Leone, Paul Kagame du Rwanda, ainsi que le vice-président de la Guinée équatoriale.
S’y ajoutent, des représentants du Nigeria, le président de l’Union africaine, le président de la Commission de la CEDEAO, sans oublier les délégations venues de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Burkina Faso, de l’Égypte, de la France, du Portugal et de la Chine. Une liste impressionnante, à la hauteur de l’événement.
Sous les regards de milliers de citoyens, une tapisserie rouge mène à la tribune officielle, soigneusement aménagée pour accueillir la Cour suprême, appelée à officier exceptionnellement en lieu et place de la Cour constitutionnelle, en attendant la mise en place de cette dernière.
Les fanfares ouvrent le bal, suivies de l’exécution de l’hymne national. S’en suivent des poignées de main chaleureuses entre le président Doumbouya et ses invités.
Maître Laye Samoura, huissier audiencier près la Cour suprême, annonce ensuite l’entrée des membres de la Cour, marquant l’ouverture solennelle de l’audience d’investiture.
Conformément à l’article 59 de la nouvelle Constitution, le premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, invite le chef de l’État à prêter serment.
La main levée, le président Mamadi Doumbouya déclare d’une voix ferme: « Moi, président de la République élu, je jure devant Dieu et devant le peuple de Guinée, sur mon honneur, de respecter et de faire respecter scrupuleusement la Constitution, les lois, les règlements et les décisions de justice ; d’exercer loyalement et dignement les fonctions qui me sont conférées dans l’intérêt supérieur de la nation ; de ne jamais recourir aux pouvoirs qui me sont dévolus à des fins personnelles ; de préserver en tout lieu et en toutes circonstances, la paix, la cohésion sociale et l’unité nationale ; de défendre les institutions de la République, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale. En cas de parjure, que je subisse la rigueur de la loi. »
Sous un soleil de plomb, le président clôt la cérémonie par un tour d’honneur. Chaque regard, chaque sourire, chaque geste du chef de l’État est accueilli par une ovation populaire, dans un stade archicomble, vibrant d’émotion et d’espoir.
La Guinée vient ainsi d’écrire une nouvelle page de son histoire, sous les yeux du monde et au cœur d’un peuple témoin.
Amadou Diallo
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