Les opérations de déguerpissement des emprises publiques se sont poursuivies jeudi dans le Grand Conakry. À la cité ENCO 5, un important dispositif composé de policiers, de gendarmes et d’agents de la Direction de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (DATU) a été déployé pour superviser les opérations. L’objectif de cette action est de libérer les domaines publics occupés par des commerces et installations jugés anarchiques. Pour ce faire, les agents ont eu recours à des engins lourds, notamment des pelleteuses, afin de démolir les structures concernées.

Le marché ENCO 5 figure parmi les zones les plus touchées. Sur place, de nombreux commerçants, impuissants, ont assisté à la destruction de leurs lieux de travail. Plusieurs vendeurs, en larmes, expriment leur désarroi face à la perte soudaine de leur source de revenus.
Parmi les victimes, Mariame Kaba, vendeuse de robes, témoigne de sa détresse: « Ma boutique a été complètement ruinée. J’ai du mal à rassembler ma marchandise, mes mains tremblent encore et j’ai le cœur qui saigne. Je ne m’y attendais pas du tout. Je pensais que cette zone n’était pas concernée. Ils ont mal agi, ils auraient dû nous prévenir plusieurs semaines à l’avance », a-t-elle dénoncé.

Même sentiment de choc chez Binta Bah, dont le conteneur a été détruit : « Je n’en reviens pas. Mon conteneur a été réduit en morceaux de fer aujourd’hui. Je me demande comment je vais faire après la destruction de ma seule source de revenu. Je ne sais même pas où m’installer », a-t-elle confié en sanglots, avant d’interpeller les autorités: « Je demande au président de nous venir en aide et de nous trouver d’autres emplacements », a-t-elle lancé.
De son côté, Ibrahima Sory Diallo, vendeur de documents, a vivement critiqué la méthode employée par les agents, qu’il qualifie de « violente » : « En arrivant ce matin, j’ai constaté que tout avait été déguerpi. Je n’étais pas au courant. J’ai des enfants à nourrir et des frais de scolarité à payer. J’ai supplié pour récupérer mes affaires, mais ils ont refusé en disant qu’ils étaient pressés. Je suis profondément bouleversé », a-t-il expliqué.

Au moment où nous quittions les lieux, les forces de sécurité étaient toujours présentes sur le site, tandis que les commerçants tentaient encore de récupérer ce qu’ils pouvaient sauver de leurs biens.
Marliatou Sall













