Quelques jours après l’investiture du président Mamadi Doumbouya, le gouvernement dirigé par Amadou Oury Bah a déposé sa lettre de démission. Depuis cette annonce, la formation d’un nouveau gouvernement alimente les débats au sein de l’opinion publique. De nombreuses interrogations portent à la fois sur le profil du futur Premier ministre et sur celui des membres de la prochaine équipe gouvernementale.
Interrogé ce samedi 24 janvier, Dr Mamady Kaba, ancien président de l’Institution nationale indépendante des droits humains (INIDH), a rappelé que la démission d’un gouvernement à la suite d’une élection majeure relève d’une tradition républicaine. Selon lui, cette pratique favorise une redistribution des cartes politiques et permet une séparation digne et non conflictuelle entre le Président de la République et son gouvernement. « Cette tradition s’est installée en Guinée depuis les élections législatives de 2018. Elle a débouché sur plusieurs scénarios, notamment le changement total ou partiel du gouvernement, ou encore sa reconduction. Aucune règle, même tacite, n’existe en la matière. La décision relève exclusivement du pouvoir discrétionnaire du Président de la République, qui opère des choix lui permettant de mettre en œuvre sa politique et de garantir de meilleurs résultats pour le peuple », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, le président de la Ligue pour les droits et la démocratie en Afrique (LIDA) s’est exprimé sur les critères devant guider la formation du prochain gouvernement. Pour lui, la compétence doit être au cœur des choix : « Je pense que le contexte politique actuel n’est pas favorable à l’hégémonie de critères d’exclusion tels que l’âge, la nouveauté ou la récompense politicienne. Il faut plutôt privilégier la capacité à démontrer des compétences avérées pour relever les défis auxquels le pays est confronté, notamment en matière de développement, de promotion de l’unité nationale et de gestion rigoureuse à tous les niveaux, telles que promises par le Président de la République lors de son discours d’investiture », a-t-il martelé.
S’agissant de la situation des compatriotes de la diaspora guinéenne, l’activiste de la société civile estime que leurs préoccupations sont largement prises en compte à travers l’engagement du Chef de l’État en faveur de l’unité nationale.
Marliatou Sall














