Depuis plus d’une semaine, les opérations de déguerpissement engagées par les autorités se poursuivent sans relâche dans le Grand Conakry. La commune de Lambanyi n’est pas épargnée, notamment sur le tronçon Enco 5–Lambanyi. Au niveau du rond-point de Lambanyi, les encombrants physiques ont été rasés, tout comme les installations anarchiques le long de la route, notamment aux abords du marché et du carrefour Canadien.
Vendeurs, menuisiers et soudeurs ont été fortement touchés par ces opérations. Sur place, le constat est saisissant. Bois, tôles, tables renversées et conteneurs déplacés jonchent le sol. Si l’initiative est saluée par certains usagers pour le désencombrement de la voie publique, elle laisse néanmoins de nombreuses victimes sur le tronçon Enco 5–Lambanyi (T4).

Interrogée par notre reporter, Bintou Camara n’a pas caché son désarroi: « Je suis venue m’installer devant cette boutique pour revendre ma marchandise, car je n’ai pas d’autre place. Nous regrettons d’avoir été informés à la dernière minute. L’État devait repousser la date, au moins jusqu’à la fin du mois saint de Ramadan. Les temps sont durs, la situation financière est très compliquée. Tout le monde souffre et nous gagnons difficilement notre argent », a-t-elle dénoncé.
De son côté, Aliou Sow appelle l’État guinéen à tenir compte de la situation économique des populations affectées. Il exhorte les autorités à trouver des sites de recasement pour les déguerpis: « Qu’on nous trouve des lieux sûrs. Être déplacé à chaque fois, c’est décourageant. J’en ai assez. Nous sollicitons de l’aide », a-t-il lancé.

Visiblement en colère, il attire également l’attention des autorités au plus haut niveau sur ce qu’il qualifie de favoritisme et d’injustice: « Lorsqu’ils commencent la casse, ils doivent aller jusqu’au bout sans discrimination. Regardez vous-mêmes, si vous êtes en voiture, les abords vers Lambanyi avant et après le pont », a-t-il martelé.
Marliatou Sall














