Le Premier ministre guinéen, a expliqué les principales motivations ayant conduit à la mise en place de la nouvelle ossature du gouvernement. Selon lui, cette réorganisation répond à de nombreux dysfonctionnements constatés sur le plan organisationnel et opérationnel de l’action gouvernementale.
S’exprimant lors d’une interview accordée au groupe GMD, peu avant sa prise de fonction officielle, le chef du gouvernement a dressé un diagnostic sans complaisance de l’administration publique: « Il y avait beaucoup de défiance et de déficit sur le plan organisationnel, sur le plan de la capacité d’être proactif pour répondre avec célérité aux attentes », a-t-il déclaré.
Amadou Oury Bah évoque notamment un manque de synergie et d’interaction entre les différents départements ministériels, ainsi que la lourdeur excessive des procédures administratives et financières: « La nécessité de réduire les délais par rapport à la mise en forme d’un projet, le circuit administratif financier est excessivement lourd. Un projet urgent qui prend un an et demi, deux ans, c’est extrêmement pénible », a-t-il déploré.
Selon le Premier ministre, ces lenteurs sont en grande partie dues à un éparpillement des centres de décision: « Des constats avaient établi qu’il y avait un éparpillement des centres de décision, au lieu d’avoir une cohérence dans le cheminement du processus décisionnel. D’où la nécessité de mettre ensemble », a-t-il expliqué.
Il a également critiqué une certaine culture administrative héritée du passé: « En Guinée, la mentalité qui a toujours prévalu, c’est qu’un ministère devient comme une forteresse. Or, un gouvernement, c’est un ensemble de ministères », a-t-il rappelé, soulignant que l’efficacité gouvernementale repose sur la transversalité et la collaboration entre les départements.
« Il faut qu’il y ait la transversalité entre tous les compartiments de ce gouvernement donc, il faudrait que les ministères se parlent, que les ministères communiquent », a-t-il insisté.
Pour Amadou Oury Bah, les blocages observés ces dernières décennies résultent d’un fonctionnement en silos, au détriment de l’esprit d’équipe et de la collégialité: « On a souvent déploré des blocages et des évolutions en silo, au lieu de développer un esprit d’équipe et de tirer profit de toutes les synergies possibles », a-t-il regretté, avant de préciser que « les changements de l’architecture gouvernementale tendent à apporter une amélioration à ce niveau-là ».
Le Premier ministre a toutefois souligné que cette réforme devra être évaluée à l’épreuve du temps. « C’est un exercice qu’on examinera à l’épreuve des faits, pour voir ce qu’il en sera », a-t-il indiqué, tout en annonçant une évolution des systèmes d’information de l’administration.
Enfin, Amadou Oury Bah a insisté sur l’importance stratégique de la digitalisation: « La question de la digitalisation de l’administration n’est plus un choix, c’est une obligation », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette transformation est indispensable pour améliorer la rapidité et la qualité du service public, sans compromettre la transparence: « Il est nécessaire d’aller vers une véritable transformation de nos pratiques afin de permettre une plus grande célérité et une meilleure capacité de communication, sans que cela ne nuise à la nécessité de la transparence », a-t-il conclu.
Décryptage: Amadou Diallo














