Des femmes commerçantes du marché Madina Niger et du secteur Avaria ont manifesté leur colère ce mardi 10 février 2026 aux environs de 11 heures, pour protester contre l’opération de déguerpissement en cours dans la commune de Matam: « C’est ici que nous gagnons notre quotidien. Bientôt, avec le bitumage, comment allons-nous faire ? Président Doumbouya, laissez-nous ici, nous n’avons nulle part où aller », scandent les manifestantes, visiblement désespérées.
L’opération de déguerpissement, entamée depuis le lundi 9 février 2026, est à son deuxième jour. Elle touche particulièrement les lieux de négoce installés en bordure de route. Les commerçantes, dont les baraquements et tables de vente ont été détruits, dénoncent une situation qu’elles jugent injuste et brutale.

Pendant que les engins lourds poursuivent la destruction des encombrants physiques sur chaque mètre occupé, les femmes interpellent les autorités avec émotion: « Nous ne pouvons pas prendre des sacs à main pour aller nous prostituer. C’est pourquoi nous sommes ici, à Madina Niger et à Avaria. Dites au président Doumbouya de nous pardonner. C’est ici que nous cherchons la subsistance de nos familles », déclarent-elles.
Tout en affirmant ne pas vouloir s’opposer à l’État, les manifestantes plaident pour une solution alternative: « Nous demandons simplement qu’on nous laisse à nos places ou qu’on nous trouve d’autres emplacements. Nous voulons travailler dignement pour payer la scolarité de nos enfants et nourrir nos familles », ajoutent-elles.

Jusque-là, aucun accrochage n’a été signalé avec les forces de l’ordre, qui accompagnent l’opération et progressent au rythme des machines. Celles-ci poursuivent leur travail sans interruption dans la commune de Matam depuis lundi matin.
Amadou Diallo














