Le dernier rapport 2025 de Transparency International continue de susciter de vives réactions en Guinée. Classé 142ᵉ sur 182 pays avec un score de 26 sur 100, le pays peine à améliorer son image en matière de transparence et de lutte contre la corruption.
Au sein de la société civile, le constat est jugé préoccupant, mais sans surprise. Malgré la volonté politique affichée par les autorités, notamment à travers la mise en place de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), les efforts engagés sont considérés comme insuffisants pour inverser durablement la tendance.
Pour Moussa Iboun Conté, acteur de la société civile, plusieurs éléments ont pesé sur le positionnement de la Guinée dans ce classement. Il pointe notamment l’absence de déclaration de biens par certains responsables publics auprès de la chambre administrative de la Cour suprême. À cela s’ajoutent, selon lui, des réticences dans la publication de documents liés au projet Simandou, ainsi que des dossiers ayant suscité une clameur publique sans connaître un début d’instruction. Autant de facteurs qui auraient négativement impacté l’image du pays.
Toutefois, l’activiste estime qu’une évolution positive pourrait être envisageable avec le retour à l’ordre constitutionnel.
De son côté, Ibrahima Balaya Diallo, président du Forum civil guinéen, voit dans ces résultats le signal d’une nécessité d’actions plus profondes. Il insiste notamment sur l’importance de la moralité dans la nomination aux postes de responsabilité, mais aussi sur la revalorisation des salaires des agents de l’État afin de limiter les tentations liées à la corruption.
Selon lui, les rémunérations actuelles, situées autour de 4 à 5 millions de francs guinéens pour certains cadres, ne permettent pas de vivre décemment et exposent ces derniers à des risques accrus de corruption. Il plaide ainsi pour un salaire minimum d’au moins 5 millions de francs guinéens dans la fonction publique, pouvant aller jusqu’à 15 à 20 millions selon les postes, afin de réduire les risques.
Au-delà des réformes institutionnelles, la société civile est appelée à jouer pleinement son rôle. Les acteurs engagés évoquent la nécessité d’une reconnaissance officielle de ses activités, d’une collaboration étroite avec l’État et de la promotion du débat citoyen à la base. Ils citent notamment l’exemple du Sénégal, où une loi sur les lanceurs d’alerte a été adoptée, estimant qu’un tel dispositif permettrait d’atténuer les risques de corruption en Guinée.
Pour ces acteurs, l’implication des citoyens, en particulier des jeunes, demeure essentielle pour inverser durablement la tendance et renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques.
Aboubacar Sidiki Camara














