Le porte-parole du gouvernement et ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a été interpellé sur la question de la promotion du genre dans l’administration publique guinéenne, notamment sur l’objectif légal fixé à 30 % de représentation féminine.
En réponse, il a déclaré d’entrée: « Effectivement, il y a un objectif qui est fixé par la loi, celui d’arriver à un quota minimum de 30 %. C’est l’objectif qui est fixé. »
Il a ensuite ironisé en lançant un défi aux rédactions présentes lors de la conférence de presse: « Regardez la composition de notre salle ici. Il n’y a aucune règle. On n’a interdit à aucun journaliste de venir. Mais regardez votre représentation dans la salle, elle est ultra minoritaire, alors qu’ici, on n’a fixé aucun quota. Pourquoi vos rédactions ne m’amènent pas des femmes ? Moi, j’aurais été heureux. On aurait eu moins chaud dans la salle, d’ailleurs. »
Selon lui, la question dépasse le simple cadre administratif et relève d’un problème de société: « La représentation des femmes est un objectif fixé par la loi, mais c’est aussi une question de société. Nous devons oser donner des responsabilités aux femmes, parce que les hommes ne sont pas plus compétents qu’elles dans beaucoup de domaines. Mais dans l’imaginaire de nos sociétés, voir une femme directrice peut encore poser problème. Certaines personnes prennent cela comme un choc. Nous sommes au XXIe siècle. Vous le vivez quotidiennement, à compétence égale, on vous regarde avec condescendance. On sait ce que vous vivez. Il faut que les mentalités changent. Il faut avoir le courage de regarder la compétence et aussi de favoriser ceux que l’on considère comme les moins favorisés dans notre société. »
Le ministre porte-parole du gouvernement a toutefois tenu à rassurer sur la volonté politique d’atteindre cet objectif: « C’est un travail de longue haleine. En tout cas, c’est une volonté que le président de la République a exprimée dans la loi. Maintenant, il faut la matérialiser, et cela prend du temps de changer les choses. Moi, je veux dire que j’ai une cheffe de cabinet formidable. J’ai eu deux, puis trois cheffes de cabinet femmes au cours de mes parcours ministériels. C’était formidable dans le cadre du travail, dans l’organisation, dans le travail quotidien. Dans tous les départements où j’ai exercé, j’ai eu la chance d’avoir des femmes comme cheffes de cabinet. Elles sont formidables. Il y a tout à gagner à promouvoir les femmes. »
Il a conclu: « Nous allons continuer à faire des efforts en considérant que l’objectif constitutionnel n’est pas encore atteint au sein du gouvernement. Le gouvernement doit continuer à veiller à cela. C’est notre rôle. »
Amadou Diallo














