La direction générale régionale de l’hôpital de Kankan a annoncé son intention de porter plainte contre le vlogueur Tato De Porto, qu’elle accuse d’avoir diffusé une vidéo contenant des allégations de non-assistance à personne en danger visant l’Hôpital régional de Kankan.
Face à la presse ce lundi, le directeur général de l’établissement, Dr Freimba Camara, a fermement rejeté ces accusations et annoncé la saisine des autorités judiciaires: « Une vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux mettant en cause l’hôpital. Nous nous inscrivons catégoriquement en faux contre ces allégations. Dès que j’ai pris connaissance de cette vidéo, je l’ai immédiatement transmise à Monsieur le Procureur général. Nous sommes en train de finaliser une plainte afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire », a déclaré Dr Camara.
Il s’interroge par ailleurs sur la démarche du vlogueur : « Est-il venu s’informer auprès de l’hôpital ? A-t-il vérifié les informations qu’il diffuse sur la toile ? Cette fois-ci, nous n’entendons pas laisser passer ces accusations sans suite. Nous irons en justice. »
Dans sa communication, le directeur est revenu en détail sur la prise en charge de deux patients récemment admis au service des urgences: « Les deux malades ont été reçus au service des urgences de l’Hôpital régional de Kankan et ont bénéficié des premiers soins. Le premier patient, Laye Doumbouya, présentait des fractures au niveau des membres. Compte tenu de notre plateau technique, nous sommes en mesure d’assurer pleinement sa prise en charge », a-t-il expliqué.
En revanche, le second patient, également victime d’une fracture, nécessitait une prise en charge qui dépassait les capacités techniques de l’établissement.
Selon Dr freimba Camara, les deux patients ont été informés de leur diagnostic ainsi que des options thérapeutiques proposées. Toutefois, ils auraient décidé, contre avis médical, de quitter l’hôpital: « Ils ont exprimé leur volonté de se rendre dans une structure d’indigénat. Or, dans l’organisation actuelle de la pyramide sanitaire guinéenne, l’Hôpital régional de Kankan constitue le centre de référence pour toutes les structures sanitaires de la région. Il est inconcevable qu’un patient quitte l’hôpital régional pour se rendre à Mandiana, et de surcroît dans une structure traditionnelle, tout en exigeant une évacuation sanitaire à notre charge », a-t-il précisé.
Le directeur rappelle qu’une évacuation sanitaire s’effectue vers une structure disposant d’un plateau technique supérieur ou de compétences spécialisées plus élevées: « Le contraire ne peut se produire. Nous ne pouvons pas référer un patient vers une structure de tradithérapie. Il n’existe aucun lien entre l’hôpital et ce type de structure ».
Il a également réfuté les accusations selon lesquelles l’établissement ne disposerait pas d’ambulances: « Il est faux d’affirmer que l’hôpital ne possède pas d’ambulances. Nous en avons quatre, toutes opérationnelles et stationnées dans l’enceinte de l’établissement. Toute personne peut le constater », a-t-il affirmé.
Il a cependant rappelé un principe fondamental en matière de prise en charge médicale : « L’hôpital ne peut retenir un patient contre son gré. Notre devoir est de recevoir le malade, de l’examiner, d’établir un diagnostic et de proposer un traitement. Le patient reste libre d’accepter ou de refuser les soins proposés. S’il accepte, nous le soignons. S’il refuse, il est libre de se rendre où il le souhaite. »
La direction de l’Hôpital régional de Kankan affirme vouloir défendre l’image et la crédibilité de l’établissement face à ce qu’elle considère comme des accusations infondées.
La plainte annoncée devrait permettre à la justice de déterminer les responsabilités dans cette affaire qui suscite déjà de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.
Décryptage: Amadou Diallo














