Après cet autre renvoi, cette fois-ci au 5 mars, du procès en appel du dossier de Kassory Fofana, la réaction du collectif des avocats de l’ancien Premier ministre ne s’est pas fait attendre.
Devant la presse, maître Dina Sampil a aussi pris la parole. Il a déclaré : » Si mon avis était demandé, j’avoue que j’aurais fait pour que cette juridiction qu’est la CRIEF disparaisse. Parce qu’elle doit disparaître. Elle n’a rien apporté à la Guinée. Rien, ou du moins, ce qui est porté devant elle pouvait l’être devant les juridictions ordinaires. Parce que le détournement, le blanchiment, il n’est pas dit dans le code pénal qu’il faut une cour spéciale pour les juger. Les juridictions ordinaires pouvaient assurer ce rôle-là. Et je suis certain que si c’était le cas, il y a longtemps qu’on en aurait terminé. »
Ensuite, il a rappelé tout ce qu’a dit le collectif dans cette « éternelle affaire »: « Pour en revenir au cas de Kassory, on a presque tout dit. On est revenu sur les mêmes propos. Aujourd’hui, je suis obligé de répéter ce qui a été déjà dit. Kassory est en prison, pourquoi ? On pose cette question, il est en prison, pourquoi ? »
Concernant les accusations de détournement de fonds, maître Dina Sampil précise: « Mon client avait un fonds de souveraineté de 30 milliards, alors pourquoi détourner 15 milliards ? Parce que la somme de 15 milliards qu’on a imaginée et qu’on a mise à sa charge se trouve dans les caisses du Trésor public guinéen. Nous avons les preuves, on les a exhibées, c’est versé dans le dossier, on a fait publier dans la presse partout. Mais alors pourquoi est-il en prison ? 15 milliards de francs guinéens ? Il peut s’amuser à détourner 15 milliards alors qu’il a à sa disposition, au rang de ses frais de souveraineté, 30 milliards de francs. La Primature guinéenne dispose d’un fonds de souveraineté de 30 milliards de francs. Ça, c’est à la disposition du ministre. Il dépense comme bon lui semble. Au moment où on arrêtait Ibrahima Kassory Fofana, ces 30 milliards-là n’avaient pas été touchés d’un seul franc. Comment quelqu’un de son rang peut laisser 30 milliards de côté, aller se salir les mains en prenant 15 milliards ? Ça ne s’explique pas.
Ce n’est même pas logique. Ça sort de l’entendement. Ce n’est pas humain. Il faut appeler les choses par leur nom. On est outré, estomaqué de constater qu’on retient une personne en prison pour rien du tout. Mais alors, si c’est parce qu’on reprochait quelque chose à Kassory, la première des choses, c’était de sortir les preuves. Les 15 milliards, là, on n’a pas sorti les preuves, mais Kassory, lui, il a été amené à prouver que les 15 milliards n’ont pas été pris. Mais alors pourquoi ? Depuis cinq ans maintenant. »
Il a surtout dénoncé l’absence du parquet spécial pour plusieurs raisons: « Donc, si aujourd’hui, c’est la personne chargée de poursuivre et de traduire les individus auxquels il reproche quelque chose, d’infractionnel devant la juridiction compétente, c’est inadmissible, impardonnable, inacceptable que cette personne brille par son absence à l’audience programmée. Parce que c’est le parquet spécial qui prépare les audiences de la Cour de répression des infractions économiques et financières, qui a établi le rôle d’audience pour aujourd’hui. Alors que ce même procureur ne vienne pas, aucun de ses substituts ne vienne. Personne pour dire quoi qu’il en soit, c’est outrant, ça traduit simplement le mépris contre le respect des droits humains, des droits des citoyens, des droits des prévenus. Lorsque, de façon frontale, comme c’est le cas aujourd’hui, on refuse le minimum à un citoyen, qu’est-ce qu’on va lui accorder ? »
Selon lui, le plan établi serait la mort programmée de son client:
« Moi, je conclus que donc, étant informés de l’état de santé actuel de Kassory, qui est alarmant, peut-être c’est un moyen pour eux d’attendre pour que mort s’en suive, qu’on dise finalement qu’il est mort, donc on arrête. Non, il faut arrêter pendant qu’il est normal d’arrêter, il est temps d’arrêter pour savoir que ce monsieur n’a rien fait. Il n’a que rendu des services bons et loyaux à l’État guinéen pour lesquels on est en train de le recomposer par du mal. » Il a déclaré cela devant la presse ce jeudi 19 février 2026.
Amadou Diallo














