Quelques semaines après l’opération de déguerpissement menée par les autorités pour libérer les emprises publiques à Lambangny, dans la haute banlieue de Conakry, plusieurs vendeurs ambulants refont progressivement leur apparition le long de la route. Entre étals de fruits, vente d’essence, boucherie improvisée et installations de fortune, la situation soulève des interrogations sur l’efficacité et l’équité de cette opération.
À quelques mètres d’une banque, des vendeurs de pommes, de mandarines et d’autres fruits ont discrètement repris leurs activités. Les fruits sont soigneusement disposés sur une table à trois étagères. Pour se protéger du soleil, une grande bâche bleue est tendue au-dessus de l’étal, visible dès les premières heures de la fin de matinée.
De l’autre côté de la route, un vendeur d’essence s’est également réinstallé. Assis sur un simple tabouret, il écoule plusieurs litres de carburant conservés dans des bidons en plastique, comme si l’opération de déguerpissement n’avait jamais eu lieu.

Après la Maison des jeunes, le constat est le même. Le boucher qui avait été déguerpi est revenu s’installer sous un poteau en béton, juste en face du domicile d’un gradé de la police nationale. À proximité, plusieurs vendeurs de chaussures de seconde main ont aligné leurs tables devant des immeubles.
À deux pas de cette boucherie improvisée, la viande est exposée à l’air libre, sans protection, livrée aux mouches et à la poussière. Une situation qui pose de réelles préoccupations en matière d’hygiène et de santé publique.
Plus loin, en face de la station TMI, des vendeurs de fagots de bois ont également repris leurs activités. Certains ont même construit de petites baraques de fortune. Chaque matin, d’épaisses colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel, visibles à plusieurs mètres à la ronde.

Autre scène surprenante, la présence de troupeaux de vaches qui paissent tranquillement en face de l’imposante infrastructure moderne de la mairie de Lambangny. Selon plusieurs habitants, ce bâtiment n’a même pas encore été officiellement inauguré.
Non loin de là, des ateliers de fabrication de fauteuils occupent également une partie de l’espace public, notamment après le pont, en direction des mangroves.
Pendant que certains commerçants ont été contraints de quitter définitivement les lieux lors du dernier déguerpissement, d’autres continuent d’exercer leurs activités sans être inquiétés. Cette situation alimente aujourd’hui de nombreux débats parmi les habitants. Plusieurs victimes de la dernière opération dénoncent une injustice et pointent du doigt un manque de transparence dans la conduite de ces déguerpissements.
Certaines n’hésitent pas à évoquer des soupçons de corruption dans l’application de ces mesures.
Amadou Diallo














