La crise de liquidité qui frappe actuellement le système financier guinéen continue d’alimenter les inquiétudes au sein de la population. Dans plusieurs banques du pays ainsi que dans certains services de transfert électronique, de nombreux citoyens disent rencontrer d’importantes difficultés pour accéder à leur propre argent.
Face à cette situation, le président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée (UDCG), M’bany Sidibé, hausse le ton. Interrogé par notre reporter, il dénonce ce qu’il qualifie de violation des droits des usagers du système bancaire. Selon lui, certaines banques primaires imposent désormais des plafonds de retrait aux clients alors qu’elles continuent, dans le même temps, d’encaisser leurs dépôts.
Pour le responsable de l’UDCG, ces pratiques mettent de nombreux Guinéens dans une situation particulièrement difficile, en les empêchant de disposer librement de leurs ressources financières. Il souligne que cette pénurie d’argent liquide affecte aussi bien les ménages que les petits commerçants et d’autres acteurs économiques qui dépendent fortement des transactions quotidiennes.
« Lors de l’ouverture d’un compte bancaire, il n’a jamais été indiqué aux consommateurs que leurs retraits seraient plafonnés. Aujourd’hui, certaines banques imposent leurs propres règles aux clients. C’est une violation claire des contrats et des droits des consommateurs », déplore M’bany Sidibé.
Il estime par ailleurs que cette situation place les clients des banques dans une véritable insécurité juridique. « Les contrats sont violés. Imaginez quelqu’un qui possède un milliard de francs guinéens dans une banque et à qui l’on autorise seulement un retrait de 20 ou 30 millions, parfois avec arrogance. Les banques n’ont pas le droit de confisquer l’argent des consommateurs », insiste l’activiste.
Le président de l’UDCG pointe également du doigt la responsabilité de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Selon lui, l’institution monétaire doit jouer pleinement son rôle de régulateur afin de garantir la disponibilité de la liquidité dans les établissements financiers et de protéger les usagers du système bancaire.
Toutefois, M’bany Sidibé affirme que des échanges sont en cours avec la Banque centrale pour trouver une solution réglementaire à cette crise. Parmi les pistes envisagées figure l’instauration de plafonds de retrait clairement encadrés et acceptés par l’ensemble des acteurs, en attendant une stabilisation du système financier.
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