Face aux tensions persistantes de liquidité dans le secteur bancaire et financier, les mesures annoncées par le président Mamadi Doumbouya continuent de susciter des réactions mitigées. L’introduction d’un nouveau billet de 50 000 francs guinéens et le moratoire de deux mois pour l’échange des billets de 5 000 et 10 000 francs visent à stabiliser le système. Toutefois, pour Mohamed Camara, économiste, interrogé ce mercredi 18 mars 2026, ces décisions relèvent davantage d’une réponse conjoncturelle que d’une solution durable à la crise.
Selon l’économiste Mohamed Camara, le moratoire apparaît réaliste et adapté au contexte actuel, dans la mesure où il pourrait favoriser un retour temporaire des liquidités vers les banques. Mais il met en garde contre un effet limité dans le temps, soulignant que sans mesures complémentaires, ces fonds pourraient rapidement être retirés et conservés hors du circuit bancaire.
Pour une sortie durable de la crise, l’économiste insiste sur la nécessité d’aller au-delà des mesures ponctuelles. Il préconise notamment la mise en place de mécanismes d’incitation capables d’attirer durablement les capitaux vers le système bancaire guinéen. La digitalisation des services financiers, les incitations économiques et la garantie des dépôts sont également évoquées comme des leviers essentiels.
Si les annonces actuelles peuvent offrir un soulagement immédiat, les spécialistes s’accordent sur l’importance d’une approche globale pour restaurer la confiance des épargnants et assurer la stabilité du système bancaire sur le long terme.
Aboubacar Sidiki Camara
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