Alors que la Guinée ne participera pas à la prochaine coupe d’Afrique des nations, une élimination perçue comme une véritable désillusion pour les supporters, Sega Diallo, ancien vice-président du Comité de normalisation (CONOR) de la Fédération guinéenne de football, est sorti de son silence pour livrer une analyse critique de la situation.
Dans une déclaration sans détour, l’ex-dirigeant du CONOR estime que l’échec du Syli national ne résulte pas d’un manque de talent des joueurs, mais plutôt d’un effondrement de l’organisation et de la logistique entourant l’équipe nationale.
« La difficulté du Syli, c’est moins le talent de ses joueurs que toute la logistique qu’il y a autour », affirme-t-il. Selon lui, les déplacements mal gérés, le choix des lieux de matchs, et le manque de planification ont pesé lourd dans les contre-performances enregistrées.
Sega Diallo regrette notamment l’abandon des réformes initiées sous le CONOR, qui avait misé sur une approche plus professionnelle et structurée. « On ne gagne pas à tous les coups, mais notre méthode nous a permis d’obtenir des résultats solides. Aujourd’hui, on paie le prix d’une rupture brutale et désorganisée. »
Le journaliste et ancien responsable fédéral fustige également le climat qui règne autour de l’équipe nationale depuis l’élection de Bouba Sampil à la tête de la FEGUIFOOT. Il déplore une trop grande proximité entre les joueurs et des personnes extérieures, notamment des influenceurs, ce qui nuit à la concentration et à la performance du groupe.
« Ce n’est pas à l’équipe nationale de devenir un terrain de promotion pour les influenceurs. En France, jamais un influenceur ne se retrouve dans le camp de base des Bleus. »
Autre sujet de préoccupation, les conditions d’hébergement et de préparation des joueurs, jugées indignes pour une sélection nationale ambitieuse. « Les joueurs ne se sont pas plaints, par patriotisme, mais les conditions étaient exécrables durant ces éliminatoires », révèle-t-il.
Quant au recours engagé par la Guinée auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS), Diallo appelle à tourner la page pour reconstruire sur des bases solides. « Il faut se remettre en question et se projeter vers l’avenir. La continuité dans le travail aurait pu éviter cette cassure. »
Avec cette sortie, Sega Diallo relance le débat sur la gouvernance du football guinéen et appelle, en filigrane, à une révision profonde des méthodes et des pratiques au sein de la fédération. Une remise en ordre jugée nécessaire si la Guinée veut renouer avec les sommets du football continental.
Aboubacar Sidiki Camara














