Alors que l’intégration récente de 330 stagiaires de la RTG à la Fonction publique a été saluée comme une avancée pour les médias d’État, cette décision laisse un goût amer à d’autres acteurs tout aussi impimpliqués. Des stagiaires du Quotidien National Horoya, totalement écartés du processus.
Dans une déclaration nouvelle, rendue publique ce lundi, le Collectif des stagiaires du journal Horoya a dénoncé une « injustice criante » et une « exclusion arbitraire » de l’un des plus anciens organes de presse du pays: « Nous ne sommes pas juste des stagiaires. Nous sommes les sentinelles silencieuses de l’information publique », martèlent Kadiatou Bah dans un texte au ton ferme.
Depuis plusieurs années, ces jeunes professionnels disent assurer les missions centrales du journal, rédaction, relecture, mise en page, couverture d’événements officiels mais sans contrat, sans rémunération, et sans statut officiel. Pourtant, souligne Kadiatou Bah, leur engagement n’a jamais faibli.
Selon leur communiqué, plusieurs démarches avaient été entreprises pour régulariser leur situation, et leur dossier aurait même été évoqué en Conseil des ministres. Mais, aucune suite concrète n’a été donnée. Pire, le concours « spécial » organisé récemment au bénéfice des stagiaires de la RTG ne les a pas inclus, sans qu’aucune justification ne leur soit donnée: « Comment refonder un pays en excluant ceux qui, chaque jour, en consignent l’histoire ? » s’interroge le collectif.

Ce cri du cœur pose une question fondamentale d’équité dans la gestion des médias publics. Le journal Horoya, fondé peu après l’indépendance, reste un pilier de l’information institutionnelle en Guinée. Ne pas reconnaître le rôle de ceux qui le font vivre, selon les stagiaires, revient à nier « l’essence même de la justice et du mérite ».
Face à cette situation, les revendications des intéressés sont claires : I
– Intégration immédiate à la Fonction publique, au même titre que leurs confrères de la RTG ;
– Transparence sur les décisions qui les ont exclus du processus ;
– Reconnaissance institutionnelle de leur rôle dans le paysage médiatique national.
Enfin, les stagiaires appellent à une intervention directe du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, salué pour son engagement contre l’injustice. Ils affirment croire en ses valeurs de leadership et en sa capacité à corriger cette inégalité flagrante.

L’affaire révèle un malaise plus large dans la gestion des stagiaires au sein des médias publics en Guinée. La précarité, l’absence de statut clair, le travail non rémunéré restent des réalités quotidiennes pour nombre de jeunes professionnels dans le secteur.
Aujourd’hui, les stagiaires de Horoya refusent de rester dans l’ombre. Ils ne demandent ni faveur ni privilège, mais justice et reconnaissance pour un travail accompli dans le silence et la loyauté. Leur voix, portée dans cette déclaration, résonne comme un rappel à l’État que nul ne doit être oublié dans le processus de refondation nationale.
Décryptage: Amadou Diallo














