L’Ordre des avocats de Guinée a annoncé ce lundi 7 juillet 2025, la reconduction du boycott de toutes les juridictions et de la suspension des activités des officiers de police judiciaire pour une durée de 2 semaines. Cette décision a été prise lors d’une assemblée générale tenue à la Cour d’appel de Conakry, prolongeant ainsi les mesures décidées le 30 juin dernier.
À l’origine de cette mobilisation, l’interpellation et la séquestration de Me Mohamed Traoré, avocat au barreau de Guinée. Une situation que ses confrères considèrent comme une atteinte grave à la sécurité et à l’indépendance de la profession.
« Ce que je veux faire comprendre, c’est que la cause que nous défendons n’est pas celle de Me Traoré uniquement, mais celle de tous les avocats. Ce qui lui est arrivé peut arriver à n’importe lequel d’entre nous », a déclaré Me Moussa Diallo, membre du barreau.

Parmi les résolutions prises le 30 juin figuraient également le dépôt d’une plainte au nom de Me Traoré, la constitution de l’Ordre comme partie civile, le retrait de ses représentants des organes de la transition, ainsi que la remise d’un mémorandum au Président de la République.
Depuis le début du mouvement, l’Ordre des avocats a tenté d’ouvrir le dialogue. Si un refus catégorique lui a été opposé par le ministre de la Justice et du procureur général, une délégation a finalement été reçue à la primature par le Premier ministre en présence du ministre de la Justice, des premiers présidents de la Cour suprême et de la Cour d’appel, ainsi que du procureur général. Toutefois, selon Me Diallo, cette rencontre n’a pas apporté les garanties attendues concernant la protection des avocats dans l’exercice de leurs fonctions.

Face à l’absence de réponse jugée satisfaisante, l’Ordre des avocats maintient donc la pression. Une nouvelle assemblée générale extraordinaire est prévue à l’issue de cette nouvelle période de boycott afin d’évaluer les évolutions possibles dans ce dossier.
Aboubacar Sidiki Camara














