La pénurie de petites coupures, notamment les billets de 500, 1 000 et 2 000 GNF, devient un problème quotidien pour les Guinéens qui se déplacent fréquemment à Conakry.
Moussa Sidibé, la trentaine, conducteur de taxi de 6 places sur la ligne Enta-Aéroport, décrit les difficultés qu’il rencontre : « Chaque jour, c’est le même problème, matin, midi, soir. Les clients sans petites coupures peuvent retarder ma voiture de plusieurs minutes lorsqu’ils arrivent à destination. Pire, les billets sont abîmés », se plaint-il.

À Coléah, la situation est similaire. Ousmane Diallo, assis derrière son volant, la cigarette entre les doigts, témoigne : « Quand je prends un passager sans petite monnaie pour un tronçon, je perds 1 000 ou 2 000 GNF par jour. Et je dois aussi acheter du carburant. Ce n’est vraiment pas facile. Je suis fatigué, car je peux perdre jusqu’à 80 000 GNF par mois. »

Cette pénurie ne touche pas seulement les conducteurs. Dans les marchés, commerçants et clients en souffrent également. Certains sont contraints de donner des pourboires ou d’acheter des articles inutiles pour obtenir de la monnaie. « Parfois, je suis obligée d’acheter quelque chose à 500 GNF juste pour récupérer des billets de 1 000 GNF », confie Fatoumata Baldé, commerçante.

Les conséquences de cette crise sont nombreuses, ralentissement des échanges, tensions dans les transactions quotidiennes, et frustration générale au sein de la population.
Amadou Diallo














