En parcourant les rues de Conakry, notamment aux abords des marchés et quartiers populaires, un constat s’impose, la vente d’aliments à l’air libre, sans aucune protection. Pains, galettes, boulettes ou encore brochettes sont souvent exposés sans couverture, à la merci des microbes et des mouches. Pourtant, ces produits sont quotidiennement consommés par de nombreux passants, inconscients des risques sanitaires.

Interrogés par notre équipe, plusieurs vendeurs de la capitale reconnaissent la dangerosité de cette pratique. Mamadou Aliou Diallo, vendeur de pain dans une alimentation générale à Cosa, se montre lucide: « Écoutez, je sais bien que ce n’est pas bon. Honnêtement, on ne devrait pas manger des aliments non couverts, il y a des mouches partout. Mais c’est la Guinée», dit-il avec un sourire forcé, tout en refusant d’être photographié.
À Enco 5, la situation est similaire. Le marché est bondé, les produits sont exposés à l’air libre, au mépris des règles d’hygiène. À côté d’une boucherie, Mariame Sylla vient d’acheter 2kg de viande, en plein air, sans aucune protection: « Monsieur, je suis désolée. C’est un réel problème de santé. Mais que voulez-vous ? C’est comme ça partout. Je prie Dieu pour que cela change », confie-t-elle, résignée.

Notre visite s’achève à Lambanyi, avec le même constat alarmant. Fatoumata Baldé, vendeuse de poissons, installée au milieu des sacs de charbon et de poissons entourés de mouches, tente de se justifier: « Concernant les mouches, nous avons quelque chose pour les chasser. Mais quand tu couvres, les clients ne voient pas bien les produits », dit-t-elle.
Bien que l’on soit conscient du danger, la vente d’aliments non protégés continue de prospérer dans les rues de Conakry. En attendant des mesures concrètes, vendeurs et consommateurs semblent s’accommoder d’un risque devenu banal, au détriment de la santé publique.
Amadou Diallo














