La Directrice Générale des Élections, Djenabou Touré, a présenté ce samedi 19 juillet 2025, les statistiques provisoires du registre national des personnes physiques et du fichier électoral biométrique. Dans une communication détaillée, elle est revenue point par point sur les chiffres par région, les cas de doublons, les données incomplètes et les grandes tendances démographiques du corps électoral.
Région de Boké
« Sur un total de 596 314 électeurs inscrits, nous avons enregistré 9 500 cas de présumés doublons. Il s’agit de personnes qui sont revenues se faire recenser dans un autre secteur ou district, mais qui ont été identifiées comme doublons dans la base centrale. Parmi eux, 8 202 cas ont été confirmés », a expliqué Mme Touré.
Concernant les données incomplètes : « Il y en a 2 989. Cela vient principalement de deux situations. D’abord, au début du processus, les agents n’avaient plus de mot de passe et devaient s’authentifier par empreinte. Or, nous avons oublié que nous avions ajouté l’IRIS. Résultat : quand l’IRIS du citoyen ne passait pas, certains agents utilisaient leur propre IRIS à la place ».
« Ensuite, beaucoup de femmes voilées n’ont pas accepté de découvrir entièrement leur visage. Les données faciales saisies ne correspondent donc pas aux standards requis. Ce sont cela les données incomplètes, et il est nécessaire que ces citoyens reviennent pour finaliser leur enrôlement ».
Répartition par âge à Boké
18-25 ans : 183 195 électeurs
26-35 ans : 172 363
36-60 ans : 201 042
60 ans et plus : 48 104
La population électorale est très jeune, mais le pic se situe entre 36 et 60 ans. Il reviendra à l’Institut National de la Statistique (INS) d’analyser la faible présence des 60 ans et plus, possiblement liée à la mortalité. »
Région de Conakry
Avec ses 13 communes, Conakry compte 1 537 426 électeurs. Ce chiffre a été stabilisé après correction. »
Doublons confirmés : 25 802
Données incomplètes : 3 329
Répartition par sexe : 49,8 % hommes / 50,2 % femmes
Diaspora guinéenne
À l’étranger (Afrique, Asie, Europe, Amérique), nous avons 124 031 électeurs enregistrés. C’est un total relativement faible (1,8 %), avec une forte masculinité : 65,4 % d’hommes contre 34,6 % de femmes. »
Données incomplètes : 308
Doublons confirmés : 1 847
Autres régions
Faranah : 491 120 électeurs (44,7 % hommes / 55,3 % femmes)
18-25 ans : 143 900
36-60 ans : 179 029
60 ans et plus : 53 998
Kankan : 1 515 741 électeurs (51 % hommes / 49 % femmes)
18-25 ans : 506 641
36-60 ans : 435 746
Doublons confirmés : 33 275
Données incomplètes : 5 004
Kindia : 891 011 électeurs (46,7 % hommes / 53,3 % femmes)
18-25 ans : 288 591
36-60 ans : 286 419
Données incomplètes : 3 226
Labé : 445 704 électeurs (40,2 % hommes / 59,8 % femmes)
18-25 ans : 101 808
36-60 ans : 176 666
Doublons confirmés : 4 797
Mamou : 330 929 électeurs (41,9 % hommes / 58,1 % femmes)
Données incomplètes : 998
Doublons confirmés : 4 935
N’Zérékoré : 826 607 électeurs (45,2 % hommes / 54,8 % femmes)
18-25 ans : 232 827
36-60 ans : 307 571
Données incomplètes : 2 521
Totaux nationaux provisoires
« À ce jour, nous avons un total provisoire de 6 748 923 électeurs, dont 48,2 % d’hommes et 51,8 % de femmes », a déclaré Mme Touré.
Répartition par tranches d’âge :
36-60 ans : 33,3 %
18-25 ans : 31,7 %
26-35 ans : 28 %
Qualité des données
« Nous sommes passés à une base de données biométrique de haute précision. Nous avons utilisé la photo, l’empreinte digitale et l’IRIS. Ce système a permis de ramener les cas de doublons à 111 319 confirmés (contre plus d’un million auparavant), et les données incomplètes à 21 610 ».
Centres de vote
« Nous avons 26 757 centres de vote à travers toutes les communes et préfectures. La région de Kankan en compte le plus grand nombre, suivie de N’Zérékoré avec 4 447 ».
Les centres ont été géolocalisés : « Ce sont principalement des écoles, centres de santé ou places publiques avec une cour. Nous avons aussi procédé à l’actualisation du découpage administratif, en attribuant des identifiants aux secteurs et districts non conventionnels ».
Répartition communale et préfectorale
« Les pics varient. Par exemple, à Beyla, ce n’est pas la commune urbaine mais Senkö qui enregistre le plus d’électeurs, probablement en lien avec le projet Simandou. À Boffa, la commune de Koba dépasse aussi la zone urbaine ».
Des cas similaires sont observés à Siguiri (Kintinian, Doko, Siguirini), Télimélé, et dans plusieurs communes de Koya, Kindia, Dubréka.
« La Guinée dispose désormais, de façon provisoire, d’un corps électoral biométrique fiable. Ces données serviront non seulement pour les élections, mais aussi pour la planification nationale. Nous avons franchi un cap technologique important, en intégrant des outils modernes et en réduisant considérablement les erreurs d’enregistrement ».
Mohamed Béné Barry ; Aboubacar Sidiki Camara ; Sory Kandia Bangoura














