Depuis plusieurs jours, la Guinée fait face à une hausse inquiétante du prix du sac de farine, entraînant une flambée du coût du pain, tant dans le Grand Conakry qu’à l’intérieur du pays. Pour comprendre les raisons de cette situation critique qui affecte durement les ménages, Elhadj Alpha Oumar Sacko, porte-parole des boulangers guinéens, s’est exprimé ce mercredi.
Dès l’entame de son intervention, il a préféré se concentrer sur la question de la farine plutôt que celle du pain, affirmant: « Je ne parlerai pas du pain. Moi, je parle de la farine, et surtout de l’empêchement du débarquement du blé. Cela fait plus d’un mois que nous alertons les autorités, en particulier les membres du gouvernement. Même le Premier ministre a reconnu qu’un bateau chargé de blé est à quai, mais qu’il n’est toujours pas autorisé à décharger sa cargaison. »
Selon lui, cette situation paralyse totalement la chaîne de production de farine: « Si le blé n’est pas débarqué, l’usine ne peut pas fonctionner. Et sans usine, il n’y a pas de farine. Aujourd’hui, la pénurie est généralisée dans toute la République de Guinée. Que ce soit à Kankan, Nzérékoré, Labé ou ailleurs, il n’y a plus de farine. »
Dans plusieurs villes du pays, le sac de farine se négocie actuellement entre 500 000 et 600 000 francs guinéens. Une situation qui n’étonne guère le représentant des boulangers: « Le prix du sac de farine se situe déjà entre 500 000 et 600 000 GNF, et il pourrait continuer à augmenter si rien n’est fait. Tant que le bateau n’est pas autorisé à débarquer, il y aura une pénurie de pain et de farine. J’ai déjà tiré la sonnette d’alarme. Nous ne pouvons pas continuer à travailler à perte. »
Le porte-parole invite les autorités à agir sans délai: « Nous avons alerté notre gouvernement afin qu’il prenne les dispositions nécessaires pour permettre le débarquement du blé. Même s’il existe un protocole d’accord, tant que le bateau ne peut pas décharger sa cargaison, ce protocole ne servira à rien. Le problème est au port, pas ailleurs. »q
Il insiste également sur le fait que ni les boulangers ni les usines n’ont augmenté les prix: « L’usine n’a pas augmenté le prix de la farine, les boulangers n’ont pas augmenté celui du pain. Quand on nous parle de protocole d’accord, cela ne nous intéresse pas. Ce que nous demandons, c’est qu’on laisse le bateau débarquer. »
Décryptage: Amadou Diallo














