Le projet de nouvelle charte nationale pour la paix et la réconciliation, récemment remis au président de la transition malienne, Assimi Goïta, fait déjà l’objet d’un rejet catégorique de la part de plusieurs acteurs clés de la scène politique malienne, apprend-t-on.
Les groupes rebelles indépendantistes du nord, tout comme les partis d’opposition, dénoncent une initiative unilatérale à laquelle ils n’ont pas été associés. Leur principal grief, l’absence de concertation dans l’élaboration d’un texte censé pourtant rassembler et réconcilier une nation profondément marquée par plus d’une décennie de crises politiques, sécuritaires et communautaires.
Du côté de la présidence, on insiste au contraire sur les ambitions de cette charte. Le texte entend « panser les blessures profondes laissées par des années de crises multiformes » et « jeter les bases d’un Mali apaisé, uni et tourné vers l’avenir ».
Si le contenu intégral de la charte n’est pas encore public, il devrait être bientôt rendu accessible, après son adoption par le conseil national de transition et sa promulgation par le chef de l’État. Selon des informations relayées par nos confrères de RFI, le document compte 106 articles couvrant un large éventail de domaines, justice, économie, gouvernance, éducation, et lutte contre la corruption.
Particularité notable du texte, sa volonté affichée de privilégier les solutions locales. La charte insiste sur « la nécessité de résoudre les crises et les conflits en privilégiant les modes alternatifs et les mécanismes endogènes », ce qui traduit une volonté d’autonomie dans la gestion des conflits internes, sans intervention étrangère.
Aboubacar Sidiki Camara














