Plusieurs semaines nous séparent encore du référendum du 21 septembre 2025. Qu’importe! Toute la Guinée vibre depuis plusieurs autres semaines en arrière, au rythme de ce rendez-vous avec les urnes. Le premier depuis la présidentielle d’octobre 2020 sous l’ex-président Alpha Condé. Mais surtout et avant tout, le premier vote populaire organisé sous la transition version CNRD entamée après le putsch du 5 septembre 2021. Soit quatre années et quelques deux semaines après la prise du pouvoir par le Général Mamadi Doumbouya.
C’est dire donc à quel point, le référendum du 21 septembre prochain vaut tout son pesant d’or pour les militaires au pouvoir. Qui y voient, tout porte à le croire sur le terrain, une sorte de première jauge électorale pour eux.
Depuis la remise officielle au Chef de l’Etat par le président du CNT, du projet de nouvelle Constitution, en fin juin, le gouvernement et le CNRD, sont à l’assaut de l’arène guinéenne. Multipliant ainsi les cérémonies dé dispatching officiels dudit texte au sein des institutions étatiques et autres sentîtes organisées du pays. Une campagne de vulgarisation de la future loi fondamentale qui touche aussi les masses populaires à travers les meetings animés par des commis de l’Etat.
Ainsi, des membres du gouvernement et des responsables du CNRD, la junte militaire au pouvoir, enchaînent les séances publiques dans l’arrière-pays. Dans les hameaux, les villages et les villes, ils rivalisent d’ardeurs et de réthorique pour prêcher la parole constitutionnelle auprès des populations guinéennes. Un exercice que les officiels du pays partagent d’ailleurs avec les nombreux artistes-chanteurs et autres influenceurs qui ont le vent en poupe sous cette transition. Il en est ainsi, alors même que la participation de ces redoutables seigneurs des réseaux sociaux, pollue parfois la tonalité et la justesse du message. D’autant que ces derniers confondent généralement la campagne référendaire, disons la pré-campagne pour le «Oui massif », à une partie de marketing politique en faveur du bilan du CNRD et de son Général-president. Un jeu bien huilé, et peut-être pas du tout innocent, puisque la plupart de ces artistes et influenceurs espèrent bénéficier d’un geste lucratif ou en nature (voiture ou maison) de la part du Général Mamadi Doumbouya. Le boss du Palais Mohamed V ayant fait ses preuves dans cet exercice dé prodigalité qui fait tant jaser.
Quoiqu’il en soit, on ne le dira jamais assez, les autorités actuelles du pays entendent réussir leur test referendum du 21 septembre 2025. Avant les prochaines élections (de la base au sommet?), qui seront bouclées avec la présidentielle à laquelle le projet de nouvelle Constitution habilite déjà le Général Doumbouya à être candidat. D’où peut-être aussi le surcroît d’intérêt de l’administration centrale et même décentralisée, foncièrement pro-CNRD, pour ledit texte.
Alors, à votre avis, pourrait-on qualifier la mobilisation sur fond de vulgarisation du projet de Constitution, de « campagne de plébiscite de la gouvernance CNRD et du bilan du Général Doumbouya »? Le débat reste ouvert.














