Trois personnes ont trouvé la mort et plusieurs familles ont été sinistrées à Sangoyah Mosquée, dans la commune de Matoto, suite aux fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale Conakry dans la nuit du mercredi au jeudi 31 juillet 2025. Sur le terrain, les autorités locales pointent du doigt, une série de dysfonctionnements structurels et institutionnels comme causes principales de ce drame.
Présent dès les premières heures sur les lieux pour constater les dégâts et soutenir les victimes, le président du conseil de quartier, Sékou Bangoura, n’a pas mâché ses mots « Les citoyens ont rétréci la route. Chacun a profité de prendre une partie. Il n’y a pas de suivi. On n’a pas donné la main libre aux chefs locaux. »

Selon lui, cette marginalisation des autorités de proximité empêche toute anticipation des risques. Il souligne également un défaut de concertation lors des travaux d’aménagement routier dans la zone « Quand la société est venue faire la route, on n’a pas été consulté. Ni le quartier ni les secteurs. On les a vus travailler, mais on ne nous a rien dit.»
Le fossé réalisé dans le cadre de ces travaux pour évacuer les eaux pluviales, serait sous-dimensionné, provoquant ainsi un engorgement. « Le fossé est petit, la route n’est pas dans les normes, les daleaux qu’ils ont faits ici sont trop petits. Dès que ça bloque, l’eau retourne. Et c’est ça qui a causé beaucoup de dégâts. »
Le bilan humain est lourd : au moins 3 morts, dont un jeune, selon les dernières informations recueillies sur place. Environ 15 à 20 familles seraient sinistrées, avec des pertes matérielles importantes.
Face à cette situation dramatique, Sékou Bangoura lance un appel pressant aux autorités. « Si vous donnez la main libre au quartier, on peut faire quelque chose. Mais si on n’a pas de force, on ne peut rien. »
Ce drame met en lumière la nécessité urgente de renforcer les capacités des autorités locales, souvent reléguées au second plan, malgré leur profonde connaissance du terrain.
Aboubacar Sidiki Camara














