Décidément, le Premier Ministre guinéen n’en démord guère. C’est comme si Amadou Oury Bah avait une sorte de fixation sur l’élection présidentielle à venir. Notamment sur sa tenue, vaille que vaille, courant 2025. Donc, presque aussitôt les urnes et les isoloirs du référendum constitutionnel remballés, le vieux briscard de la scène politique guinéenne, veut aller à l’élection qui désignera un président de la République issu donc du suffrage universel direct.
Le locataire du Palais de la Colombe l’a encore laissé entendre, à travers un « Incha’Allah » lors d’une interview accordée à RFI, le vendredi, 8 août dernier. Et dont plusieurs angles ont été repris à foison par la presse guinéenne. Alimentant ainsi fiévreusement la polémique sur les réseaux sociaux.
Il est vrai que les prétentions ou ambitions électorales, c’est selon, d’Amadou Oury Bah ont quelque peu muté. Puisqu’auparavant, le Premier Ministre était convaincu qu’un couplage d’élections était possible avant la fin de l’année 2025. C’est-à-dire que la Guinée pourrait tenir deux élections ensemble après le référendum prévu le 21 septembre prochain. Avec en prime, laissait-il entendre, l’élection présidentielle.
On se rappelle que le ministre Secrétaire général de la Présidence de la République, le général Amara Camara, dans une repartie quelque peu véhémente, avait comme recadré le chef du gouvernement guinéen. C’était lors d’une conférence de presse, à l’occasion de laquelle, il confiait ne pas être en mesure de s’aventurer à parler d’élections couplées en 2025, alors que les efforts se concentraient encore sur la tenue du référendum constitutionnel. Précisant même, qu’en tant que le porte-parole du Palais Mohamed V, il n’était pas au courant d’un tel scénario électoral. Une sortie qui a d’ailleurs fait crier au scandale…plutôt au recadrage institutionnel de la part de la Présidence de la République. Une musclée façon d’enjoindre la Primature de réduire sa voilure.
A l’évidence, Amadou Oury Bah ne semble pas avoir appris cette rebuffade présidentielle à ses dépens. D’autant qu’il est revenu à la charge dans cette interview à nos confrères de RFI. Même si cette fois-ci, Amadou Oury Bah a revu ses ambitions à la baisse. « L’objectif, comme l’a dit le Général Mamadi Doumbouya, c’est que l’année 2025 soit une année électorale. Le référendum n’est pas une élection. Donc, ceci explique cela », a-t-il glissé, en réponse à Christophe Boibouvier. Qui, en voulant une confirmation de la possibilité de tenir l’élection présidentielle avant la fin de l’année en cours, s’est ainsi vu balancer un remarquable « Incha’Allah».
Relançant ainsi le débat sur la possibilité, ou l’impossibilité, à vous d’en juger, d’organiser cette élection majeure au cours du dernier trimestre de 2025. Pensez-vous, in fine, que tout est une question de « volonté politique » ? Le débat reste donc largement ouvert.














