Située à environ 80 kilomètres de Conakry, la sous-préfecture de Maferenyah connaît une transformation sans précédent. Autrefois localité paisible, elle est aujourd’hui plus peuplée que Forécariah, sa préfecture de rattachement. En cause : le développement des projets miniers et la construction en cours du port de Senguélén, infrastructure stratégique du projet Simandou 2040.
Cette dynamique économique attire chaque semaine des centaines de personnes venues de toutes les régions du pays, voire au-delà. Ce brassage culturel, bien que riche en diversité, engendre aussi son lot de dérives. Selon les autorités locales, la prostitution, la consommation de drogues et d’autres formes de déviances sociales prennent de l’ampleur.
Pour le maire de Maferenyah, cette situation devient préoccupante. Il alerte sur une menace directe pour le bon déroulement des projets liés au Simandou 2040. “Nous avons besoin d’un cadre social stable et sécurisé pour accompagner le développement économique. Ce que nous vivons actuellement compromet cet équilibre”, affirme-t-il.
Le Maire, M’bemba Camara, reconnaît que les moyens mis à la disposition de la police locale sont désormais insuffisants. Face à la croissance démographique fulgurante, il appelle à l’installation urgente d’un commissariat central à Maferenyah. “Il ne suffit plus de considérer Maferenyah comme une simple sous-préfecture. Sa croissance impose une réorganisation sécuritaire”, a-t-il plaidé.
Un terrain aurait d’ores et déjà été attribué pour l’implantation du futur commissariat, preuve de la volonté des autorités locales d’agir rapidement.
Entre opportunités économiques et défis sociaux, Maferenyah se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. La réussite des projets miniers et portuaires, dépendra en grande partie de la capacité des pouvoirs publics à encadrer cette mutation accélérée.
Ibrahima Sory Kandja Bangoura














