L’activiste guinéen Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des Forces Sociales de Guinée, est revenu sur son enlèvement brutal dans la nuit du 19 février à son domicile, en banlieue de Conakry. Il dénonce une opération violente menée par des hommes armés et cagoulés, entrés de force par le toit de sa maison. Ils ont brutalisé sa mère, sa fille et sa sœur, avant de le ligoter et de l’enlever sous les yeux de sa famille, rapporte-t-il.
Conduit dans un véhicule noir, il a été transféré dans trois lieux différents à Conakry, où il a subi des séances de torture : ligoté, asphyxié à l’eau, menacé de mort. « Ils disaient que c’était fini pour moi« , rapporte-t-il. Il a été abandonné inconscient en brousse, près du camp militaire 66, avant d’être secouru par des villageois.
Gravement blessé, mains enflées, fissures au bras, douleurs cervicales, il a reçu des soins d’urgence d’abord des villageois, puis les autres discrètement reçus de ses proches. Face au silence total de l’État et l’absence d’enquête, Abdoul Sacko a dû quitter clandestinement la Guinée.
Aujourd’hui en convalescence entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord, il affirme que sa lutte continue : « Je déciderai de la suite avec ma famille et mes conseillers, si je dois porter plainte ou pas, » a -t-il précisé.
Décryptage: Amadou Diallo














