Interpellé sur la récente suspension du congrès de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition, le ministre Ousmane Gaoual Diallo est revenu en détail sur les raisons ayant motivé cette décision de l’administration. À l’en croire, cette mesure ne résulte pas d’un acte isolé ni d’une volonté ciblée, mais plutôt d’un ensemble de dysfonctionnements relevés dans le fonctionnement du parti: « Il n’y a pas qu’une seule raison qui justifie cette suspension, il y en a plusieurs », a-t-il affirmé, soulignant des « manquements majeurs » dans la gestion interne de l’UFDG.
Parmi les irrégularités évoquées, le ministre cite en premier l’absence de la liste officielle des membres de la direction nationale du parti: « Une direction nationale ne peut pas être tenue secrète. Or, à ce jour, cette liste n’existe pas. Je vous invite, vous les médias, à demander publiquement sa publication », a lancé Ousmane Gaoual.
Autre point soulevé, les comptes financiers du parti, jugés « ni opérationnels, ni fonctionnels » par le ministre. Une situation qui, selon lui, entache gravement la crédibilité et le fonctionnement normal d’une formation politique de premier plan.
Le troisième manquement évoqué, concerne un document présenté par l’UFDG, censé attester la tenue d’une convention en septembre 2020 ayant prolongé les mandats des organes dirigeants du parti. Ousmane Gaoual Diallo conteste formellement l’existence de cette convention: « Ce document est faux. Il n’y a jamais eu une telle convention. L’UFDG dispose certes d’un Conseil national de près de 1 000 membres, mais pensez-vous qu’un tel événement aurait pu se tenir à Conakry sans que la presse ne le couvre ? », a-t-il interrogé, soulignant l’incohérence du document déposé.
Le ministre estime que cette affaire ne doit pas être réduite à une simple procédure judiciaire. Il rappelle qu’un rapport d’évaluation administrative a mis en lumière plusieurs irrégularités, justifiant ainsi l’intervention du ministère de l’Administration du territoire: « La décision prise par l’administration s’appuie sur ce rapport. Elle ne vise pas un seul parti ni un seul cas, mais s’inscrit dans une volonté d’assainissement général du paysage politique », a-t-il précisé.
Ousmane Gaoual Diallo a également lancé un appel à la transparence, tant au niveau des institutions étatiques que des formations politiques: « Si nous voulons exiger plus de transparence de la part de l’État, nous devons également l’exiger des partis politiques. C’est une attente légitime des citoyens, dans le contexte actuel », a-t-il martelé.
Décryptage: Amadou Diallo














