Depuis lundi soir, Conakry fait face à une pénurie persistante d’essence. Une situation qui paralyse la circulation dans plusieurs quartiers de la capitale, où certaines stations-service ont fermé, tandis que d’autres sont littéralement prises d’assaut par des automobilistes et motards désespérément à la recherche de carburant.
Notre constat a débuté à la station T7, où les pompes sont à sec. Oury Koura Barry, un citoyen rencontré alors qu’il tentait de rallier son lieu de travail en centre-ville, raconte avec frustration: « J’ai passé 40 minutes arrêté au carrefour du marché Enta avant de rejoindre Sonfonia. Il y a trop de monde et toujours pas d’essence. Je dois absolument me rendre en ville, mais c’est une journée presque perdue », nous confie-t-il, visiblement abattu.

Même son de cloche à Foulamadina, où une autre automobiliste rencontrée dans sa voiture nous confie: « Moi, je vais à l’hôpital. Mon mari est alité à Donka, donc je suis obligée de chercher du carburant. »
La ruée vers les rares stations encore opérationnelles est indescriptible, notamment à Enco 5. De l’Aéroport à Kipé (Prima-Center), la majorité des stations sont fermées. Sur la Corniche-Nord, les stations Total de Kipé centre-émetteur, Shell de Nongo, et TMI de Lambanyi connaissent de longues files d’attente composées de motos, voitures, tricycles et même de bidons transportés à la main.

À Cosa, la situation est tout aussi tendue. Fodé Moussa Touré, conducteur de tricycle, exprime sa détresse:
« Je suis là depuis ce matin. Il y a beaucoup de gens. Je n’ai même pas un litre dans mon tricycle. Pourtant, c’est avec ça que je gagne ma vie. J’ai une famille à nourrir. »
Les gérants de stations-service interrogés refusent en majorité de s’exprimer officiellement. Toutefois, l’un des pompistes rencontré dans une station Star nous a confié sous anonymat: « Mon frère, il y a bien de l’essence, mais les chauffeurs de camions étaient en grève depuis jeudi soir et durant 4 jours. Donc, les commandes n’ont pas pu être livrées. Mais mon fournisseur m’a rassuré que les premiers camions commenceront à sortir avant 17 heures aujourd’hui pour desservir les stations. C’était un problème de grève, désormais résolu. »

La société nationale des petroles (SONAP), auprès de laquelle nous avons voulu en savoir davantage, a rassuré de la disponibilité de tous les produits pétroliers. « De notre côté, aucune penurie n’est constatée à date. Il y a tous les produits : l’essence, le gasoil… », a rassuré son service de communication.
En attendant, les détenteurs d’engins roulant à l’essence doivent prendre leur mal en patience. Un retour progressif à la normale est attendu dans les prochaines heures.
Amadou Diallo














