Le Syli national a bouclé les 7ème et 8ème journées des éliminatoires du Mondial 2026 sur une note amère. Les résultats ne changent rien à sa position dans le groupe G, bien au contraire, la Guinée est désormais distancée par l’Ouganda et le Mozambique dans la course à la deuxième place, dernier espoir de qualification. Une fois de plus, les rêves de Coupe du Monde se sont envolés, confirmant l’échec d’une équipe incapable de franchir un cap.
Dans ce contexte, l’arrivée de Paulo Duarte a suscité beaucoup d’attentes. Son discours martial, empreint de patriotisme et de fermeté, contrastait avec l’image d’une équipe souvent accusée de légèreté et de manque d’engagement.
Mais les mots ne suffisent pas. Car si le Syli a montré quelques intentions de jeu face à la Somalie et une meilleure attitude contre l’Algérie, le bilan reste tout aussi contrasté. Duarte a d’ailleurs lui-même reconnu que l’objectif n’était pas ce Mondial, mais la reconstruction en vue des prochaines compétitions. Une manière subtile de préparer les esprits à un énième renoncement.
Le problème du Syli dépasse pourtant l’entraîneur. C’est tout le système qui est en cause : une fédération incapable de bâtir un projet à long terme, des choix de joueurs incohérents, un manque de suivi des talents locaux, et surtout, une absence d’envie réelle de permettre à l’équipe de jouer enfin à domicile.
Comment prétendre rivaliser au sommet quand la Guinée n’est même pas en mesure d’accueillir ses matchs à Conakry ?
La vérité est simple. Il serait et reste encore inadmissible de rater une CAN à 24 équipes. Surtout, après avoir été quart de finaliste en Côte d’Ivoire.
Paulo Duarte devra donc trancher dans le vif, écarter les joueurs sans temps de jeu, miser sur une nouvelle génération et exiger des conditions de travail dignes. Mais la responsabilité incombe aussi aux décideurs politiques et sportifs. Sans infrastructures finalisées, sans organisation crédible, aucune équipe compétitive ne pourra émerger.
Le Syli est à la croisée des chemins. Soit la Guinée accepte de tirer les leçons de cet échec et amorce une véritable refondation, soit elle continuera de tourner en rond, au rythme des désillusions.
Mohamed Béné Barry














