Le récent recrutement de 2 000 enseignants dans la fonction publique centrale continue de faire des vagues. Le secrétaire général de l’union populaire des travailleurs de Guinée (UPTG), Alsény Mabinty Camara, monte au créneau et critique vivement le processus, qu’il juge injuste et mal orienté.
Selon le syndicaliste, la plupart des nouveaux recrutés ne disposeraient pas des compétences nécessaires pour assurer un enseignement de qualité. « Ils ont recruté plus de 2 000 enseignants qui ont déclaré ouvertement devant des chefs d’établissement qu’ils ne pouvaient pas enseigner », déplore-t-il.
Cette décision passe mal, surtout après l’éviction récente de plus de 5 000 enseignants contractuels, pourtant en poste et en situation de classe. « Dans un État sérieux, on ne devrait pas lancer un concours de recrutement quand on sait qu’il y a déjà des enseignants contractuels sur le terrain », a-t-il martelé lors d’un entretien téléphonique avec notre rédaction.
Le déficit d’enseignants reste criant. Sur les 20 000 nécessaires dans les établissements pré-universitaires, seuls 12 000 ont été recrutés dont 10 000 pour la fonction publique locale et 2 000 pour la centrale. Le syndicaliste estime que la priorité aurait dû être donnée à ceux qui ont travaillé bénévolement pendant des années, sans reconnaissance ni rémunération de l’État.
Face à ce qu’il qualifie d’injustice, Alsény Mabinty Camara exige le rétablissement immédiat des contractuels recalés lors du dernier concours de la fonction publique locale, soit environ 5 000 personnes. Il réclame également le paiement intégral des primes d’incitation, d’un montant de 6 000 000 GNF par enseignant.
Par ailleurs, le représentant syndical appelle au respect des dispositions du Code des collectivités locales, notamment l’octroi d’une prime de 25 % des salaires des fonctionnaires locaux, en plus de celle allouée aux fonctionnaires de l’administration centrale.
Aboubacar Sidiki Camara














