Sur le tronçon Yembeya-Kiroti-Nongo, le décor reste inchangé. Souffrance quotidienne des riverains et promesses sans lendemain. Ce vendredi matin, Allureinfo.net s’est rendu sur les lieux. Entre trous béants, nids-de-poule et eaux stagnantes, chaque mètre de bitume est une épreuve.
À 10h, nous croisons un vendeur d’essence installé en bordure de route. Sous anonymat, il témoigne : « Je ne compte plus les fois où des journalistes m’ont interrogé. Regardez ces clôtures abîmées, on se croirait dans un village abandonné. Chaque année, on verse les cailloux pour cacher les trous. C’est dangereux. Quand il pleut, c’est l’enfer. Après la construction du pont, on espérait que les travaux allaient continuer. On attend toujours.»
Non loin de là, Mamata Sylla, coiffeuse depuis plusieurs années, partage son désarroi. Son salon fait face à un garage, près d’un virage récemment couvert de graviers: « Si nos plaintes suffisaient, la route serait déjà refaite. Les clientes boudent le coin par peur de salir leurs voitures. Une mariée m’a même demandé de me déplacer jusque chez elle. »
Malgré les graviers ajoutés en urgence, plusieurs habitants rencontrés refusent désormais de s’exprimer: « On est fatigués de parler. Le stade Général Lansana Conté est juste là, mais regardez l’état de la route », déplore un habitant, une tasse de café à la main.
Les regards se tournent vers les autorités locales. Pour les citoyens de Lambanyi, chaque jour sans travaux est un rappel du désintérêt dont ils se sentent victimes.
Amadou Diallo














